‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 474 sur 586 · LEUR DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

LEUR DÉVELOPPEMENT

Par^ pour. ^ La langue avait hérité de prépositions déjà adaptées : par et pour ; par la Dca grâce vochiet cmpcredor {AL, lxxhi, 362) ; — Pur sa beitei dames H sunt ami es {Rol,^ *J57),

Le développement de ces deux mots a été longtemps parallèle. D'une part : par tant, par là, parce que ; de l'autre : pourtanU pour cela, pour ce que.

En langue moderne, il y a eu des divergences. Nous disons encore agir par avarice, pécher par négligence ; — Sous le lui donnions soutient par badlnage (lam., /îap /t., i) ; — // la trouva si pauvrement logée, qu'il comprit,,, par quel motif elle avait., refusé de se laisser ramener (muss,, Fréd, et J3ern.f vi) ; — Sa mine pàk^ un peu bouffie et à nez retroussé ^ semMait plus insùlente encore par l'èbouriffure de sa perruque où tenait un chapeau d'homme (flaub., Èduc, I, 203) ; — Si Frédéric travailla dans les hautes classes, ce fut par les exhortations de son ami (m*, Ib,^ i,25). Il y a là quelque chose d'un peu archaïque.

Pour s'emploie aussi devant un nom : // le reconnaît du premier ordre pour la marche lumineuse de rensemble, pour la puissance de Vaction (s*« BEUVE, Lundis, vu, 312),

Mais on ne peut plus employer par avec une valeur causale devant un infinitif, construction qui était encore en usage, au XV II** s. : J'en fus bien punie par être noyée (sév., Letl., mcgxlii).

On ne rencontre plus non plus par suivi d'un nom accompagné d'un participe : Elle passa une nuit dans les champs par un earrosse rompu (ead,, 23 Juin 1677).

Au contraire on fait très bien suivTe pour d'un infinitif, comme en langue classique : pour être trop sincère. Vous voilà sur les bras une fâcheuse affaire (MOL., Mis,, 439) ; ~ Il attribua cette in s ion û la fatigue de sa le le pour avoir trop peu dormi. ^ Si j'en parle, on se moquera de moi » , se dit-il (flaub*, Lég. de S* JuL VHosp.^ i). Cependant pour, ainsi placé devant un infinitif a, en général, un sens d'opposition.

Par là est vieilli : Le Loup est l* ennemi commun ; Chiens, chasseurs, mllageois s'assemblent pour sa perle ; Jupiter est là haut étourdi de leurs cris : C*est par là que de loups V Angleterre est déserte (la fokt,» Fab,, x, 5).

Pour cela vit encore : je ne m* émeus pas pour eela (1).

n> faurtant qtte éliiit frt'qiirtit en m. f. : ic duc d'Anjou fêta son aiHs à aller tiwttre ie slégt deimnt HerQerar, paurtiit ^\x*cUe est ht clef de la Gaieoffde {Pixm^SMii, m it, 1, L. >.

LES RELATIONS LOGIQUES

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Pour ce que el parce que ont longtemps coexisté : Porcc que cil pardons fui issi granz, si s'en esniurent muli li tuer des genz (villeiî., i) ; — Et fui cesie guerre de^ipugs appelée le Bien Publicque, pource qu^ elle s'entrepremU soubi couleur de dire tpie e'esloil pour le bien pnblicque du ronaulme (cqtah..

Pour ce que était encore très usuel chez Malherbe {Lex., 486k Vaugdas trouvait les deux locutions bonnes ; il disait que Coeffeteau employait toujours parce que cl Mallierbi* pour ce que. Chapelain approuvait aussi Malherbe, Mais la mode se décida tôt après. Thomas Corneille et T Académie coiiî-tatérent que F usage avait prononcé en faveur de parce que : Pohjmctr est chrétien, parce qû'/ï Va voulu (corn\, PoL, 9-13) ; — Et parce qu'ellr meurt, faut-il que vous mouriez ? (rac, Androm,, 1603),

Df., — De est également traditionnel : MuH se fait fiers de ses arma porter {Hoi.^ 897). Il s'emploie toujours : Fier de sa force, rougir de honte, mourir de mori tnolente ; ~ Une grande marque que Dous vous portez bien,., c'est,,, que vous n'êtes point crevé de toutes les médecines qu'on dous a faii prendre (mol.. Mal. Imag., m, 3),

C'est la préposition qu*on emploie, quand la cause est dans un infinitif: Ils avaient fainu d'être allés si loin à pied (zola, Gvrm., lOK) ; -^ il distinguait nettement les trois silhouettes, plus irritantes d*être si proches (rosny. G. du feu, 32).

l.L'.s grammairiens de 1830 ijrotestaieJit encore contre ; elle s'impati^nk de ne pas voir arril/er mon ami, t. es modernes affeelent le tour : chagrin iu temps perdu; — Féiicie boudaiL furieuse des sous mangés (zola, Ja^^ Dam.. 104).

Il a été démontré que c'est de ce tour que vient la phrase : il est hontein de mentir ; — c'est chose honteuse que de convoiter l* argent d' autrui.

En, — Au complément introduit par de peut être substitué un représentant ; en prend ainsi le sens d'à cause de cela : je /î*en dors plus; — Que dis- je ? Sur ce trône assis auprès de vous^ Des astres ennemis /'en crains moins le courroux (hac, Esth.^ 675).

De a donné naissance à diverses locutions de cause : de là, d*oà : De là sa colère ; — d'OÙ un abattement bien cvplicabfe.

De ce que est très usuel : Ellénore,,. éprouva quelque foie de ce que /« paraissais plus tranquille (b. const., Ad.^ ix» 81) ; ~- N*étes vous pas fâché.., de ce que je vous aie quitté si bru,<!quement ? (champfl,, ConL, 236),

Comme. — Il a pris très anciennement la valeur causale : Et moi^ eomme à son lit je me vis destinée. Je donnai par devoir â son affection Tout ce que rautre avoit par inclination (coaN., Pot.^ 214) ; — ComiBe nous sommfl grands amis, il me fît aussitôt confidence de son amour (mol., Sr«p,,i, 2); — Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manœuvre (flal'b., Éduc., i, 7),

Que. — On peut ajouter à ces ligatures fjue, qui marque aussi la cause :

LES LIGATURES CA USALES HÉUÈDi TA lRES,LEURDÉVELOPPEMENT 809

pîfe s'impaîientr qu'o/i ne lui obéisse pas (boltriî,, Corn., 103). — Ce tour esl louL à r^^il classique : Hippolyte est heureux, qu'^wx dépens de t^os joiini Vous même en expirant appuyez ses discours (rac, Phèd., 873),

Si on considère une jihrase comme la suivante : me prenez-i^ous pour un païen, que vous me croyez capable d* oublier ce que vous uuez fait en nui faveur ? (E. souv.. Clair., 76). Elle apparaît eomme d'une interprétation difficile. A preuiiére vue, on ne .sait pas où est la cause, ni uu est la con.si*quence. Il en est de même si on dit : Elle élait donc uraimenl malade dimanclie qu'elle est morte. Assurément c'est la maladie de la personne qui a causé sa mort, ou du moins on admel qu'il en est ainsi. La maladie est donc cause» la mort, ctîel. Mais cranlre part, il y a un Fait qu'on \eut établir, c'est qu'elle était malade, et on le déduit du fait qu'elle est morte. Celle proposition renferme donc le mol if ((u'ou a de en nclure : Elle était malade.

La langue populaire, pour plus de netteté, substitue souvent puisque à que : Elle était donc malade, puisqu'W/e est morte. Que est néanmoins d'un très grand usage : Vous éles donc brouillée que vous ne vous stduez plus ? — est-ce que ces drôles sont dans un bénitier, qVL^ils font d: bruit d'enfer? (v. H,, N. D„ liv. I, chap. ïv) ; — Peut-être le colonel de Vineuil avait- il reçu quelque télégramme, qu'/7 courait si fort (zola, Déb.t 5).

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