ADAPTATION DE LOCUTIONS
élevée ; — Les étrangers présents à la séance étaient muets cTétonnement ; pour la première fois, ils avaient vu la France, toute sa richesse de cœur (MICHEL., RéD., I, 330).
Les coordonnées peuvent être naturellement reliées par des conjonctions: ses souliers étaient blancs de poussière, car il avait fait la rouie de Villenaux à pied (flaub., Éduc, i, 27); — On avait sansdoute festoyé la nuit dernière. De la cendre de cigare était restée sur les consoles (id., Ib., ii, 24).
En subordination. — Le fait-cause peut se trouver dans un participe composé : Sous les Séleucides, les aristocrates ayant presque tOUS apostasie et passé à rhellénisme, ces associations d'idées ne firent que se fortifier (ren., Jés,, xi) ; — Mon oncle, qui, ayant longtemps résidé au Brésil, y avait contracté les habitudes du faste portugais (v. h., Bug-Jarg., ii) j — Les comédiennes, ayant bu deux doigts de vin, pépiaient comme des perruches sur leurs bâtons (gaut., Frac, i, 48) ; — Elle ne sortait que le dimanche.,. Hubertine ayant obtenu de ne pas renvoyer à Vécole (zola, Rêve, ii, 22).
n peut se trouver dans une conjonctive ou une conjonctionnelle : L'homme, qui avait peiné toute la nuit, fermait les yeux ; — comme il avait peiné... i7 fermait...
Quand ne s'emploie plus guère dans les conjonctionnelles. Il est \ieilli : Comment me paiera-t-il, quand // n'a point d'argent? (Cf. h. l., m, 395) (1).
IL — La cause est dans un fait contemporain. — Le lien de causalité peut exister entre deux faits qui coïncident dans le temps : La brèche était ouverte, la place s'est rendue ; — Ma femme désirait habiter la campagne, j'ai acheté la propriété. Ce que nous avons dit de la coïncidence d'actionspoints et d'actions-lignes explique suffisamment ces faits.
n y a lieu même de remarquer que certaines actions embrassant une durée prolongée, un présent peut parfaitement exprimer la cause d'un passé : Aujourd'hui j'ai demandé un congé... U faut absolument que je voie Perrichon avant son départ (lab., Voy. de M. Perrichon, i, 1). Dans le présent il faut, est marquée la cause qui a fait faire l'action passée de demander.
Mais les observations doivent aller beaucoup plus loin. On trouve, et souvent, des exemples comme celui-ci : Nous avons vu naître le petit Perdican, et il n'était pas besoin, du moment qu'il anlve, de nous en dire si long (muss., On ne bad. p. av. l'am.y i, 1). Le fait causal est au futur, du moment qu'il arrive ; c'est sur lui qu'on se fonde pour justifier le passé : i7 n'était pas besoin.
Les faits contemporains peuvent naturellement se placer dans toutes les portions de la durée : N'y allez pas, il sera absent demain (futur) ; — je n'y suis pas allé, // était absent (passé).
(1 ) Pour puis que, après que. v. p. 812. Depuis que ost xie'iUl : Depvis qu'un bienfait est au-dessus de la récompense, la haine et r ingratitude prennent la place de la reconnaissance et de Vamitié (p. d'abl., Trad. de Tacite, Annales, liv. iv, ch. xviii).
LES RELATIONS LOGIQUES
La cause peut être générale et hors du temps : Défiez-vous cf^sro/^; Leur faveur est glissante (la font., Fab,y liv. x, 9).
Ek& coorcUnation. — L'imparfait causal. — Il y a lieu de considérer ici tout spécialement le rôle de l'imparfait. D sert à marquer la cause de faits passés : Cinq ans plus tard seulemenU M. Bovary connut la vérité ; elle était vieille, il Taccepta (flaub., Bov,, 10) ; — Sous avons cm qu'U était mort, il ne paraissait plus (champfl., Cont., 24) ; — Les femmes ne se résignalent pas, elles avaient des enfants (mighel., Rév., i, 283) ; — il faisait trop beau depuis quelques fours, cela devait finir (loti, Pêch., 75). Les coordonnées peuvent être reliées par un adverbe ou une conjonction.
if
If
En subordination. — Subordination directe. — La cause esl daBs une participiale. Une place importante est à faire ici au gérondif : En la voyant si changée, il perdit courage.
Le participe présent n'est pas moins employé : J*ai souvenance Quen un pré de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre.,. Quelque diable aussi me poussant. Je tondis de ce pré la largeur de ma langue (la font.. liv. VII, 1). La construction est parfois très libre : Le Président, qu'il avait admiré pendant trois mois, commençait à déchoir dans son estime, ne lui trouvant pas « l'énergie nécessaire » (flaub., Éduc, ii, 215).
Subordination indirecte. — A) La cause est dans une conjonctive : Le Pédant, que cette fringale fuvénile amusait, empilait sur l'assiette du sieur de Sigognac des ailes de perdrix et des tranches de jambon (gaut., Frue., I, 47).
B) La cause est dans une conjonctionnelle. La locution de conteniporanéité du moment que est devenue une locution causale : L'idée de résister plus ou moins longtemps du moment qu*e//c ne pouvait résister toujours, ne lui vint pas à l'esprit,., (muss., Emmeline, vi) ; — du moment que Laurent trouvait du calme et du bien-être auprès d'elle, elle en trouvait elle-même à lui en donner (g. sand, Elle et L., ii. 29) ; — Du moment que la toilette féminine est devenue le signe extérieur de la richesse... la vaniteuse richesse ira jusqu'au bout de son effort (prév., Lett. à Franc, mariée, 59). On comprend comment s'est fait Iç passage : une chose se justifie à partir d'un autre événement. Puis : Du moment que son père quitte l'armée, il n'a plus droit à l'allocation;— du moment où fc vous ai vu. je vous ai aimé (karr, Tilleuls, 110) (1).
Avec dès que, le développement est analogue. Le sens temporel est encore très sensible en certains cas : dès qu'on constate de la fièvre, c'est qu'il y a infection (2). Le passage de l'idée temporelle à l'idée causale est assez sensible dans l'exemple suivant : Dès que Vhomme est l'ouvrage de Dieu.
(1) La langue moderne n*a plus voulu considérer t,uc coninie pouvant exprimer le tenn» (cf. du temps que les bêtes parlaient) et l'a remplacé par où.
(2) Au XVI 1« s., on disait dès là que.