‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 484 sur 586 · CHAPITRE X LE MOUVEMENT ET LES CAUSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE X LE MOUVEMENT ET LES CAUSES

Il arrive que l'effet se présente comme dû non pas à un résultat acquis, nnais à une progression, à un motivement.

Bn coordiDation. — On met en parallt'Ie deitx propositions, renrerniant des mots qui marquent accroissement : Plus je mets de cet onguenL plus je boîte ; — plus tôt vous irez, plus vous aurez de ihuires de (roiwer de ht place : ~ Mieux je connaissais son caractère, plus je craignais de lui dire loute ta vérité: — Moins long est k drsir. moins donce lu sidtsiaciion ; — Plus TollStacle est puissant, plus on reçoit dv gioîre (>ini,., El,. 1864) (1).

On peut exprimer le ménu' rapport à Taide tl«* nudsqui renferment eu eux-mêmes l'idée d'un développement : Et le désir S*accroît» quand refjet se recule.

Cet accroissement proportionnel peut être inverse. Plus jy réfléchis, moins /> comprends sa conduite; — plus je l'écoute, et moins je puis l'entendre (MOL., Sgan., 574).

En fiiibordmation. — Pour exprimer le même rapport sans construire deux propositions parallèles, on se sert de d'autant pîas : Il fut ff 'autant plus respectueux» qu'il semblait plus fort (>iicnEL,, Rév,, i, 411). Cf. d^autant plus que les facultés spirituelles sont au-dessus des corporelles, d'autant plus je vous dois (mol.. Mat. im., ii, 5j.

On trouve aussi d* autant mieux : La chaleur se consente d'autant mieux que imus fermez plus vite la marmite ; — le vénérable miditear remplissait d^autant mieux cette condition... qae son attention ne pouvait être distraite par aucun bruit (v. h., N. />,,!, 225). De là est sortie la locution toute faite d'autant plus que : J'aurais presque envie d'abandonner te métier, d*autant plus que ces gredins de cadavres n 'apportent pas avec eux de quoi payer leur bienvenue (ghampfl., Cont., 52) ; — La chaleur était suffocante, d*autant plus qu^on ne sentait pas comme à Indret r espace et le i^ent de mer (a, daud., Jack, 566).

OoncluaiDû. — On arriverait, rien qu'en étudiant la diversité des moj^ens par lesquels on exprime le rapport de causalité, à trouver, si on ne le savait par ailleurs, comment Tesprit établit entre les faits les plus divers

01 t-« î>ciiplc dil ttmi phis iquv) : Tani plus i; rn nttm. tant plus qti*on vn demandera.

LES RELATIONS LOGIQUES

un rapport de causalité, en partant d'autres rapports. Par une série d'exten sions et de figures, des ligatures de toute espèce sont devenues causales, et les formes grammaticales se sont adaptées, quelquefois spécialisées. Le fait peut-être le plus significatif est le développement récent de rapport à. Le peuple dit : il rCa pas pu venir, rapport à la maladie de sa fille ; — Le père n*est pas content, rapport aux affaires de la politique (a. daud., Cont., Les trois Sommations) ; — tu sais les difficultés que j'ai eues avec la famille, rapport à ma carrière (a. hermant, La fam. com,, 4). Or l'expression rapport à n'a aucune valeur spéciale. Elle marque simplement, et de la façon la plus générale, qu'il y a un lien entre deux faits. Cela suffit pour que l'esprit 5' vole un lien causal.

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