CHAPITRE XI ON INSISTE SUR LA RELATION DE CAUSALITÉ
TêSl cause est présentée comme suffisante. — A cet effet on introduit rien que devant le complément : Sancho, Falstaff, Panurge, et tous les moines goinfres de Rabelais auraient eu la joie au cœur, et se fussent léchés les babinesy rien que de manger leur pain à la fumée de cette cuisine (oaut.. Jeun. Fr,y 225) (1) ; — Je V aurais trouvée hostile à notre mariage que je la lui vouerais encore, cette reconnaissance, rien que pour avoir rencontré en vous ce que fy ai rencontré (bourg., La T. Prom,, Anthol. des pros. fr., 351) ; — Et tous les visages rayonnaient, rien que poar cette notevivace jelée à la fatigue environnante (a. daud., Jack, 555).
Nous disons aussi par, pour cela seul : Il est constant que Robespierre a été dominateur. Je demande par cela seul le décret d'arrestation (dans aulabd, Réo,, 498); — on voyait à table, à côté de lui, des personnes que Von disait de mauvaise vie, peut-être pour cela seul, il est vrai, qu'elles ne partageaient pas les ridicules des faux dévots (ren., Jés,, xi).
l^^se en relief de la cause. — Il est peu de rapports qu'on ait plus souvent besoin de mettre en relief. Plus le rapport de causalité entre deux faits est douteux, plus on peut avoir besoin d'y insister.
1° Le moyen le plus simple est fourni par Tordre des mots. On met le complément de cause en tête de la phrase : De te voir tous les jours, toi, ton pas gracieux. Ton front pur, le beau feu de ta fière prunelle. Je ris (v. ii., Hem., III, 1) ; — et, de voir le jeune homme là, au lieu de Pascal qu'elle espérait y trouver, elle eut une sensation d'écroulement, d* irréparable malheur (zoLA, D^ Pascal, 346) ; — D'avoir surpris, à certaine noble minute, le visage bouleversé d'un homme que je croyais insensible et sec, quel élan me porte vers lui ! (l. de ROBERT, Rom. du Mal., 39).
2° On souligne le fait-cause :
A) A l'aide d'un présentatif : voici, voilà pour quelles raisons je me suis absenté; — et voilà justement ce qui fait que votre fille est muette {Mol., Méd. m. lui. II, 4).
B) On a recours à c'est, qu'on introduit devant le complément ou la subordonnée en tête de la phrase : C'est pour ce moilique je ne vous ai pas écrit ; — C'est parce qu'elle est bien arrêtée que je retardais encore le moment des adieux (g. sand, Elle et L., vu, 80).
(1) Cf. Rien qu*d rencontrer ses yeux... je compris que pavais été fou (bourg., Corn.. 153).
LKS RELATIONS LOGIQUES
Pour cela que.,, forme une vraie locution (Cf. pour ça). C'était même pour cela qye feu Bouquet,., V avait épousée (coppée, Les vr. Riches, 69). Le peuple dit plus brièvement c'est ça que : C'est donc ça que nous n'avons pas élé les plus forts (zola, Déb., 495).
La proposition contenant Teffet est alors souvent construite avec un s*, qui n'a rien de suppositif : Si je suis Incapable d'écrire, c'est que J'ai été tout troublé ; — Si quelque circonstance encore restait dans l'ombre... c'est que Madeleine en iugesït l'explication inutile ou peu prudente (from,, Domin.y 201).
C'est que donne ainsi l'explication, la justification d'un fait sur lequel on interroge: Oh! que diable! vous demeurez interdit! — C'est que Je m'imagine que c'est mon père que j'entends (mol., Scap,, i, 3) ; — Pourquoi donc sont' ils au vivier ? — Ah ! c'est que l'on suppose... que les gens de la Haye voudront vous voir partir (a. dumas, TuL, 9) ; — Vous soupçonnez bien facilement, père Loriot, dit-il „. — C'est que J *al les cheveux gris (e. souv., Les Clair., 68) ; — si je ne vous regarde plus.,, c'est parce que, prêt à sortir de la vie, j'idme mieux n'avoir rien à y regretter (dum., TuL, 50).
3® On consacre la phrase principale à l'expression du rapport de cause : La cause première de tous ses malheurs est son imprévoyance ; — telle est la vride ridson de son échec ; — il n'y a pas de ridson pour qu'il s'obstine encore ; — c'est bien sa faute s'il est malade ; il n'avait qu'à boire moins.