‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 491 sur 586 · LES LIGATURES COI^ SÉQUENTIELLES HÉRÉDITAIRES. LEUR DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

LES LIGATURES COI^ SÉQUENTIELLES HÉRÉDITAIRES. LEUR DÉVELOPPEMENT

Questions sur les conséquences. — Que. — Les instruments qui ont servi d'abord à l'expression du rapport de conséquence sont fort simples. Pour interroger, on usait autrefois fréquemment de (/we. On le retrouve dans que sert ? — Mais que sert que ta main leur dessille les yeux ? (boil., jSp., Hi. 4).

11 est plus usuel aujourd'hui d'employer quoi avec diverses prépositions : A quoi ont servi tous ces préparatifs ? — De quei m'ont profité mes inutiles soins ? (rac, Phèd., 687).

Compléments de conséquence. — En a. f., les compléments étaient introduits par pour : Produme i out pur sun seigneur aidier (Roi. y 26). Nous nous en servons toujours : Ne fallait-il que ce peu de mélange pour faire changer de nom aux choses ? (boss., Serm. Honn. du M.) ; — Quand les littérateurs y ont introduit la philanthropie, la poésie, et autres blagues, pour la plus grande joie des catholiques (flaub., Éduc, i, 310).

Pour a donné naissance à la locution être pour : un ami chaud, et de ma qualité. N'est pas assurément pour être rejeté (mol., Mis., 259 ; entendez n'est pas tel qu'on le rejette). Cf. être fait pour : La vie que j'ai menée cet hiver était faite pour tuer trois rhinocéros (flaub., Lett. à G. Sand, ccxvi).

En coordination. — On marque le lien à l'aide de donc, si, aussi. — Ces ligatures sont anciennes, surtout donc (approprié dès la période romane) et si : Quant ço veit Guenes qu'ore s'en rit Rollanz, Dunc a tel duel, par pot d'ire ne fent (RoL, 324) ; — // est mis filz e si tendrai mes marches (Ib,, 3716).

Nous nous servons encore de donc et d' aussi : Je pense, donc fe suis ; — J'ai souffert les mêmes maux, j'ai traversé les mêmes écueils et j'en suis sorti, donc tu peux guérir ci vaincre ; — // suivait les laboureurs et chassait.,, les corbeaux qui s'envolaient... Aussi poussa-t-il comme un chêne (flaub., Bov., 7).

Partant, pourtant. — De par et pour pris en ce sens, sont nés partant et pourtant. Partant a failli mourir au XVII^ s. ; il paraissait vieux. Il est probable que c'est La Fontaine qui Ta sauvé, avec son délicieux vers : Plus d'amour, partant plus de joie (Fab., ix, 2) ; — Le but du philosophe du dix-huitième siècle semble plus personnel, partant moins sérieux et moins utile (g. sand, Hist. de ma vie, i, 23).

Page 1