‹ La pensée et la langue; méthode, principes et plan d'une théorie nouvelle du langage appliquée au françaisChapitre 529 sur 586 · L'HYPOTHÈSE PURE ET SIMPLE · texte numérisé non relu

L'HYPOTHÈSE PURE ET SIMPLE

•de quelle sorte de fait il s'agit, s'il est dû au hasard, à la volonté, et elle emploie des périphrases appropriées : s'il parvient à être riche dans un an y il se retirera ; — s'il peut arriver pour demain, tout sera bien; — celui qui a toujours péché y s'il en vient d se repentir à sa dernière heure, sera-t-il sauvé?

La plus commune est faite du verbe devoir, s* il doit : s'il doit revenir seulement à cinq heures, ce n'est pas la peine que nous l'attendions.

Encore faut-il ajouter que les adverbes et locutions temporelles de toute sorte jouent ici leur rôle : elle même, les larmes aux yeux, m'a chargé de venir promptement vous dire que si, dans deux heures, vous ne songez à leur porter l'argent qu'ils vous ont demandé pour elle, vous l' allez perdre pour jamais (mol., Scap., ii, 4). Le futur est dans le complément.

Il n'en est pas moins vrai que la langue présente là une véritable lacune, et que le présent de l'indicatif, usuel depuis le plus ancien français (1), remplace insufllsamment un futur. Il reste du moins la possibilité de l'employer avec quand : Quand je le ferai néanmoins, quelle punition y a-t-il par delà la mort ? (la font., Psych.. liv. ii) ; — Et quand je le croirai, dois-je m'en réjouir ? (rac, Bér., 778); quand tU te fftcheras, ça n'avance *à rien, reprit judicieusement Rasseneur (zola, Germ., 268).

Autres servitudes. 1» Subjonctif dans les conditionnelles. — Après POURVU que, a condition que, et les autres conditionnelles, nous mettons le su])jonctif : je ne demande pas mieux que d'aller en justice, pourvu l|ue nous y allions de compagnie (e. souv.. Clair., 22) ; — je vous promets d'oublier tout, moyennant qu'elle vienne (la font., Cont., Fais, d'or., 156). II faut du reste prendre garde à l'ancienne forme du subjonctif (en ons), «quand on interprète certains exemples anciens.

2^ Après & supposer que, etc. — Il y a d'autres mécanismes qui imposent le subjonctif, même quand il n'est aucunement exigé par la modalité. D'abord après à supposer que et les analogues, après pour peu que, après sans que. Les classiques usaient encore de l'indicatif : sans que mon bon génie au devant m'a poussé. Déjà tout mon bonheur eût été renversé (mol., El., 433) ; — c'étoit fait de leur nombreuse armée, sans que le comte de Souches plaça des troupes (rac, Camp, de L. XIV). C'est au cours du XVII® s., que l'usage a commencé à changer. On trouve déjà l'annonce de la règle moderne dans Alcide de S* Maurice, o. c, 122.

(1) // nem faldrat, s'il velt que /o lui serve (AL, xcix, 405) ; — Pois co li dites, n*en trot, «•|7 -mt creit (/<oZ., 2753).

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