LES IRRÉELLES
sans laquelle Je n'aurais pas pris le soin puéril d* écrire une préface (g. sand, LéllOy Préf.) ; — il inventait un alibi, auquel Lélia feignit de craire, le contemplant avec des prunelles étranges.,, un sourire crispé qui l'eût inquiété, vu au grand Jour (p. maro., Sur le ret,, 206).
2° Donnée dans le passé. Conséquence dans le présent ou l'avenir. — Nous avons deux constructions :
A) Plus-que-parfait du subjonctif a la donnée: Si le ciel pitoyable eût écouté ma voix, Albe seroit réduite à faire un autre choix (corn., Hor.y 973) ; — Fussé-Je née à l'autre extrémité, 11 y aurait encore peu de différence entre toi et moi (g. sand, Lélia, i, 3) ; — Si VOUS eussiez idmé votre mari, si vous l'aimiez encore, votre voix serait plus douce (f. fab., iV/°»« Fust., 122) (1).
B) Plus-que-parfait de l'indicatif a la donnée. — Je crois que ta frayeur égaleroit la mienne. Si de telles horreurs /'avoient frappé l'esprit. Si Je t'en avois fait seulement le récit (corn., PoL, 158) ; — C'est que Si monsieur était quelquefois entré dans un salon, il saurait qu'on ne mouche pas les bougies (a. karr, Tilleuls, 34).
Irréalités dans le présent. — Il y a des irréelles dans le présent. Pour exprimer l'irréalité dans le présent, l'a. f. employait souvent le subjonctif imparfait aux deux termes : qui me payast, fe m'en allasse. La langue moderne n'a jamais connu cette ancienne phrase. Elle a également abandonné le système où la donnée était à l'imparfait du subjonctif, la principale au conditionnel : qui me payast. Je m'en irais. Au commencement du XVII® s., on disait encore : qui me piderait» Je m'en allasse. Les grammairiens à la nouvelle mode s'en moquaient dès avant 1650. En fait, depuis le XII® s., une construction, usuelle aujourd'hui, gagnait du terrain, imparfait à la donnée, conditionnel à la conséquence. C'est la seule qui soit aujourd'hui en usage : Monsieur, si vous étiez assis, vous en seriez mieux pour parler {moi.,, D, Juan, IV, 4) ; — Si tu la connaissais, tu comprendrais à quel point elle a dû souffrir pendant ce long exil (fromentin, Corresp, et fragm, inédits, 32) ; — L'argent, ah ! VOUS verriez ce que j'en ferais.,, si J'en avais beaucoup (zola, Rêve, 70).
On remarquera, et la chose est loin d'être sans inconvénient, que cette phrase irréelle ne se distingue pas d'une potentielle par la forme.
n est à observer qu'on trouve parfois, poijr parler du présent, le conditionnel passé. Ainsi dans cette phrase de Labiche : mais dans le cas OÙ ça vous aurait gêné... vous auriez pu les ôter (Poud, aux yeux, ii, 2). C'est une façon d'engager encore une fois le personnage à se débarrasser de ses boucles d'oreilles. Il ne s'agit nullement du passé.
(1) Sont abandonnées les anciennes constructions où les deux termes étaient au subjonctif : 51 vous eussiez puny pcw le glaive trenchanl te huguenot mutin, Vheretique meschant, I^. peuple fust en paix (ronsard, Po, ch., x, 372).
,LES îf)i*fnfff:si':s
Irréalités en dehors du temps, La dtMUUT el au peuvent exprimer des faits permanent}», non rapp4»rt<*»s à ciaje de Ja tiurée : Si rrmplutsf ridicuîc rendait hi parole sU volontiers t^tie ctth' t{dresiit\ froide et inotentr,^. sortit d'um (MiCHEf... Conv., 145). Et l'existence de plinises de ee g qiienee intéressante. S*il est inipossil)ie, en effet, qu'une rence au présent comporte une eonséquetice dans le pj peut citer des cas où une don net» ^*énérale, c[ui siitïsistte c même qui sub^islera dans Favenir, a déjà cnlraînc!' des v k- passé: Si nous n'étions pas pf/n'/i^s, je n'aurais pas n si mon dessein était d'écrire toute evtte înstuire, je n'aurais dont tmtts partez.
Le resserrement du rapport entre la donnée et ] [,e r;q>port peut être en certains cas reissenc. L'n fait-co) rimparfait de rindjcatif, apparaît eonnne certain, ou m Si ié Directoire eût fait justiev, Bonaparte était traduit dn g uern ' et fti s i !té ( e u o i" d h o n ^ Rei> . Sue. , 1 tî 1 - 1 ti â | ; — S ' it ilans la nuit du t7 an IH juin 181.'*. rutwnir de l Europe et Mis., (loscUe^ iii). Cctfe rotistraetiou est ancienne: tant fi qu'il avoit la place emportée s*ii n'eust esté contenij^ (C. Noupetles, i, 93).