‹ La pensée françaiseChapitre 10 sur 155 · Duc de Lévis, Maximes et Essais. Paris · texte numérisé non relu

Duc de Lévis, Maximes et Essais. Paris

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Existe-i-il vraiment, connue l'a prétendu M. Jules Lemaitre, un procédé pour fabriquer des maximes ?

Non, répond Yauvenargues : « Les grandes pensées viennent du cœur. »

Pascal va plus loin : « Le hasard, écrit-il, donne les pensées, le hasard les ôte ; point d'art pour conserver ni pour acquérir. »

Joubert, de même, dit : « Les pensées qui nous viennent valent mieux que celles qu'on trouve. »

Pour Amiel l : « L'habitude est une maxime vivante devenue instinct et chair. »

Et Léonard * proclame : « Les mots sont à tout le monde. Les pensées sont à ceux qui les trouvent. »

Cependant qu'Eugène Gordier" s'écrie : « Je suis quelquefois si ravi de la grandeur d'une pensée et des pays étendus qu'elle me découvre et que je vais explorer qu'alors je crains de mourir ! »

Par ces quelques citations qu'on pourrait multiplier à l'infini, s'avère l'extraordinaire variété d'expression des grands thèmes de méditation humaine. Bien des maximes sont contradictoires. Ceci n'infirme point leur valeur. Anatole France l'a noté justement : « Les natures les plus riches, les plus fécondes sont aussi les plus abondantes en contradiction. On ne peut être souvent d'accord avec soi-même, quand on est à soi seul un monde ! »

Ajoutons que la contradiction est le rythme essentiel de la vie et que tout l'univers n'est que dialectique 4.

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