MADAME DE GIRARD1N
Delphine Gay naquit à Aix-la-Chapelle, en 1805. En 18'22, elle publia une pièce de vers sur le Dévouement des sœurs de Sainte-Camille pendant V épidémie de Barcelone, ei obtint pour cette œuvre une récompense de l'Académie ; puis parurent : la Mort de Napoléon, la Mort du général Foy, l'Insurrection de la Grèce, et enfin les Essais poétiques, qui lui valurent, de la part de Charles X, une pe\nsion de 1500 francs sur sa cassette. En 1831, dans tout l'éclat de sa réputation et de sa beauté, elle épousa Emile de Girardin. Elle mourut en 1855.
Outre les remarques et pensées éditées après sa mort ', elle a publié de nombreux romans : Le Lorgnon ; le Marquis de Fontanges ; la Canne de M. de Balzac. Elle aborda la comédie (Lady Tartufe, 1833 ; La joie fait peur, 1854 ; etc..) et même la tragédie (Judith, 1843 ; Cléopâtre, 1847). Enfin, de 1836 à 1839, elle écrivit, dans la Presse, des Courriers de Paris pleins d'esprit et de verve.
Ses Œuvres complètes ont paru en 1860, 6 vol. in- 8°.
— Les hommes se croient bien forts, bien ingénieux, et ils n'ont pas une bonne idée qui ne leur vienne des femmes.
1. L'esprit de Mme de Girardin. Préface par M. de Lamartine. Paris, collection Hetzel. E. Dentu, 1362.
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— Une femme est toujours à son avantage chez une maîtresse de maison qui la protège.
— On a ses ennuyeux comme on a ses pauvres.
— Se montrer jaloux c'est avouer qu'on aime.
— Qu'importe celui qui aime le mieux ? Aimer n'est rien, plaire c'est tout.
— Ah ! les femmes, les femmes ! elle n'ont jamais le dernier mot. Elles disent que vous êtes changé ; elles vous trouvent laid sitôt qu'elles sont infidèles.
— Toute femme oubliée appartient à qui l'aime.
— A vingt ans, on ne sait ni être riche, ni être aimé.
— On apprend assez lentement ce qu'on n'a pas du tout envie de savoir.
— On est toujours assez lié avec un homme pour se moquer avec lui d'un autre.
— Toute vengeance est une duperie.
— Le prix d'une chose, c'est l'idée qu'on y attache, à moins cependant qu'on ne soit forcé de la payer, alors c'est le prix qui fait l'idée.
— Les grands peuples vivent par les idées.
— On n'est ridicule, on n'est vulnérable que par ses prétentions.
— C'est l'accent seul qui persuade.
— Il y a des gens à qui la plainte sert de consolation.
— Les misanthropes sont honnêtes ; c'est pour cela qu'ils sont misanthropes.
— La vie et le monde prennent un aspect étrange aux regards d'une personne décidée à mourir.
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— Un adieu est toujours triste, même lorsqu'il conduit au bonheur.
— Toute supériorité est un exil.
— Les petits parents d'un jeune homme riche n'aiment jamais son ami.
— Les écrivains ennuyeux ne sont jamais dangereux.
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