EUGÈNE C0RD1ER
Eugène Cordier, né en 1824, faisait ses études à l'Ecole polytechnique quand elle fut licenciée. Outre ses Pensées *, il a laissé de nombreuses études sur les Pyrénées (vieilles coutumes, traditions locales, habitudes juridiques). Il es>t mort en février 1870.
— L'homme qui n'a point aimé, je ne sais comment il est fait. Mais une femme qui n'aime jamais, il peut y en avoir plusieurs raisons, je ne les cherche point : il me suffit qu'elle n'ait point aimé. Elle ignore mille choses qui paraissent simples. Elle en parle ; cependant, elle les ignore. Cela est irréparable.
— Celui qui se plaint d'être triste ne l'est pas infiniment. Qui a poussé le désespoir jusqu'aux dernières limites sait qu'alors il est muet.
— Tout homme qui est en santé touche à la maladie. Tout homme qui est malade touche à la mort. Que disje ? Us touchent indistinctement à la mort. Cesse de t'apitoyer, avec une malignité secrète, sur celui qui est
ï. Eugène Cordier. Le livre d'Ulrich. Paris, Michel Lévy, 1851. Dédié à M. le Dr Gruby.
Nous devons la communication de cet ouvrage à l'obligeance de M1U Louise Read, nièce par sa mère d'Eug. Cordier.
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majade : je t'en avertis, il peut guérir tandis que tu neseras plus.
— La pensée nous étend, nous grandit ; elle grandit notre petit être. Elle nous transporte. 0 la meilleure de toutes les voluptés 1
— Dans un siècle où l'analyse fut poussée si loin, où fut soulevé le voile de toutes choses, il n'y a plus rien de poétique que les regrets. Mais une âme ferme ne s'arrête point à des regrets.
— Consultez un homme qui n'est que savant ; il sait un million plus de choses qu'il ne vous en faut ; il ne sait pas celles qu'il vous faut.
— Je suis quelquefois si ravi de la grandeur d'une pensée et des pays étendus qu'elle me découvre et que je vais explorer qu'alors je crains de mourir car je n'irais pas plus loin. Je dis à la mort : Attends, laisse-moi achever ma pensée.
— L'âme d'un adolescent est d'abord flexible et douce comme celle d'une femme ; puis, elle change de sexe.
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