‹ La pensée françaiseChapitre 117 sur 155 · ABBÉ JOSEPH ROUX · texte numérisé non relu

ABBÉ JOSEPH ROUX

L'abbé Joseph Roux naquit à Tulle, en 1834, d'une humble et nombreuse famille. A peine sorti du séminaire de Brive, il se consacre à l'enseignement : mais l'état de sa santé l'oblige à y renoncer. Il obtient alors la vicairie de Varetz, berceau du grand-maître Pierre d'Aubusson, qu'il échangea contre la cure de Saint-Sylvain, où il resta douze ans. En 1865, il publia des Hymnes et poèmes en l'honneur de la Vierge Marie, puis il écrivit sa Chanson limousine en vingtquatre petites épopées, qui ne parut qu'en 1888, après que le premier recueil de ses Pensées * l'eut rendu célèbre. On possède encore de lui les Etudes et les Poésies, recueil franco-limousin. En 1876, l'abbé Roux avait été nommé à la cure de Saint-Hilaire-le-Peyrou, puis il fut appelé à Tulle, en qualité de chanoine prébende de la cathédrale. Il y mourut en 1905.

Le premier recueil de Pensées de l'abbé Roux, présenté au public par Paul Mariéton, fut fort bien accueilli et couronné par l'Académie française.

— Maximiste, pessimiste.

— Deux sortes d'écrivains ont du génie : ceux qui pensent et ceux qui font penser.

1. Pensées. Introduction par Paul Mariéton. Paris, Lemerre, 1885, in-8. Nouvelles Pensées. Préface de l'auteur. Paris, Lemerre, 1887, in-16.

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— Les délicats subissent mieux une sotte critique qu'une sotte louange. %

— La littérature était jadis un art, et la linance un métier ; aujourd'hui, c'est l'inverse.

— Le héros émerveille, mais l'homme, intéresse.

— Notre expérience se compose plutôt d'illusions perdues que de sagesse acquise.

— Nous nous corrigeons moins de nos défauts que de nos qualités.

— Le méchant a deux façons de nuire, en faisant le mal et en faisant le bien.

— Combien ne pèchent point, par « inappétit » ou par « inoccasion ! »

— La sottise que nous aurions faite est celle que nous pardonnons le moins à autrui.

— Malheureux, Ton doute de tout, heureux, Ton ne doute de rien.

— On a jeune des larmes sans chagrin, vieux, des chagrins sans larmes.

— La vie se passe à désirer ce qu'on a pas, à regret- ,er ce qu'on n'a plus.

— Le paysan se prive moins de jouir qu'il ne jouit le se priver,

— Aimer, c'est choisir.

— Les vérités, à moins qu'on ne les arrose de sang îe prennent point racine.

LA PENSÉ! Ml \N<: VISE

— Un coup sec et qui fait balle, telle doit être une pensée.

— La gloire n'est bien souvent qu'un bruit qui commence on ne sait comment et persévère on ne sait pourquoi.

— Qui aime moins n'aime plus.

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