‹ La pensée françaiseChapitre 119 sur 155 · HENRY MARET · texte numérisé non relu

HENRY MARET

Henry Maret, né à Sancerre le 4 mars 1837, homme politique, député, journaliste de grand talent, outre ses maximes l, a publié :

La Loi du monde parisien; Justice ; La liberté d'enseignement ; Le carnet d'un sauvage ; le Banc de la Reine.

Henry Maret est mort à Paris le 7 janvier 1917.

— Il y a des vérités tellement éclatantes qu'il est impossible de les faire pénétrer dans les cerveaux.

— C'est le propre des pensées profondes de vous apparaître tellement naïves que vous croyez les avoir eues vous-même.

— Toutes les pensées et maximes qui ont quelque valeur sont fortement pessimistes. Quand on étudie ses semblables et soi-même avec quelque sincérité, on en rapporte rarement des observations avantageuses.

— On ne peut pas être neutre, le silence est une opinion.

1. Henry Maret. Pensées et Opinions. Paris. Ernest Flammarion (sans date). Préface de Germain Claude, avec cette épigraphe de Baudelaire:

« N'est-il pas utile que, de temps à autre, le poète, le philosophe prennent un peu le bonheur égoïste aux cheveux et lui disent en lui secouant le mufle dans le sang et l'ordure : « Vois ton œuvre ! »

LA PÇNSE1 FRANÇAISE

— Parce qu'une chose est bête, cela n'empêche pas qu'elle soit.

— Les bons prétextes ne manquent jamais aux mauvaises volontés.

— 11 n'y a que le génie ou la sottise qui puissent venir à bout de certaines entreprises.

— Lorsqu'on ne sait que répondre, on dit volontiers : ce n'est pas la même chose.

— La grande malice des uns est le plus souvent faite de la stupidité des autres.

— Défiez-vous des personnes bien informées : elles ne disent jamais que des sottises.

— Ce ne sont jamais les plus malheureux qui sont les plus révoltés.

— La pudeur a été inventée par la galanterie.

— L'infatuation est le propre des époques de décadence. C'est quand on n'est plus capable de rien qu'on se croit capable de tout.

— Nous approuvons l'égalité quand elle nous met de pair avec nos supérieurs.

— Un homme inquiet fait toujours quelque sottise.

— Celui qui a subi le mal peut l'oublier, celui qui Fa fait, jamais.

— L'absence de pitié change les criminels en martyrs.

— On s'ennuie parce qu'on s'amuse trop.

— La crainte est la compagne de la méchanceté. Ce sont les méchants qui ont peur.

— Lorsqu'on dit un peu brutalement des choses trop sensées et qu'on proclame à haute voix ce que les autres pensent tout bas, on passe pour fou.

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EDMOND THIAUDIÈRE

Edmond Thiaudière, littérateur, philosophe humanitaire et publiciste, est né à Gençay (Vienne), le 17 mars 1837. Outre ses pensées et maximes l, il a publié comme romancier Apprentissage de la vie avec une dédicace à la mort (1860) Un prêtre en famille (1864) ; La petite-fille du curé (1880) Le roman d'un bossu (1881) ; La maison fatale (1884) ; Trois amours singulières (1888) ; De Vune à Vautre, nouvelle édition revue et corrigée de La petite-fille du curé (1890) ; — comme poète : Sauvagerie, petits poèmes et sonnets (1866) ; Le désaveu du Christ (1869) ; Légendes bouddhiques (1875) ; Le Dindon Blanc, conte (1878) ; — comme publiciste : La Confédération française, forme nouvelle de gouvernement (1872) ; La Dernière bataille, donnée prophétique de Tannée 1909 (1873), présentée comme traduite de l'allemand Voyage de lord Humour au pays des jolis bœufs (1874) Voyage de lord Humour au pays des rétrogrades (1876) Une nouvelle fonction de la magistrature (1882) ; Un Collo-

1. Les pensées et maximes d'Edmond Thiaudière, publiées sous le titre général de Notes d'un pessimiste comprennent onze volumes ; savoir : La proie du Néant, 1 vol. in-16, Paris, Ollendorff, 1886, dédié à ses chiens Mosés et Léa ; et dix autres volumes publiés chez Fischbacher : La Complainte de l'être, 1 vol. in-32, avec préface d'Auguste Dietrich (1889) ; La Décevance du vrai, 1 vol. in-32, avec préface d'Eugène Ledrain (1893) ; La soif du juste, 1 vol. in-32 (1895) ; L'obsession du divin (1898) ; La Fierté du renoncement (1901); La Haine du vice (1903) : La Réponse du Sphinx (1905); La Conquête de l'Infini (1908) ; La Source du bien (1910) ; L'Ecole du Bonisme (1912). La prisée de ce monde (1918).

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que de rois sur VUniôn européenne (1896), et sous forme scénique, Monsieur Martin, légitimiste , comédie en prose (jui n'a jamais été représentée.

Ajoutons (|iic M. Tliiaudière, comme apôtre fie la paix jouissait — avant la guerre — , d'une notoriété européenne dans les milieux dits humanitaires.

— En amitié, comme en amour, combien de tendresses postiches I

— L'homme et la femme se prennent, se déprennent, s'entreprennent, se reprennent et se surprennent, mais ils ne se comprennent pas.

— On ne paie pas trop cher, fût-ce de sa vie, le soulagement de ne plus figurer dans la mêlée humaine.

— Les penseurs ont fourbu la raison à force de la faire trotter et galoper sur le chemin de l'inconnaissable.

— Plus une intelligence est étendue, plus elle souffre de ses limites.

— Les avantages les plus doux à l'âme sont ceux qui nous viennent sans que nous les cherchions.

— La rébellion et la servilité se disputent le cœur humain.

— Il semble que la civilisation s'entende mieux à raffiner le vice qu'à perfectionner la vertu.

— L'horreur d'avoir à mourir suffirait à donner le regret d'être né.

— Vous parlez des bienfaits de la civilisation. Et ses méfaits, qu'en faites- vous?

— Il n'y a que les drôles et les drôlesses qui peuvent trouver la vie drôle. Et encore ne l'est-elle pas toujours pour eux-mêmes.

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— Les petites âmes ont souvent de grandes habiletés, mais elles ne sauraient avoir celle de produire de grandes pensées.

— Lutter pour manger est dur ; pour dominer, ridicule.

— Quelle âme délicate d'homme ou de femme pourra jamais digérer la nature humaine ?

— Tels électeurs, tels élus. Si les seconds sont mauvais, c'est que les premiers sont pires.

— Ne s'attacher en politique à aucun parti. Ils sont tous mauvais.

— La démocratie, tant vantée de nos jours, même par ses naïves victimes, ne se contente pas d'égaler le voyou à Fhomme distingué, elle le lui donne pour supérieur.

— C'est proprement parce que le prêtre vit de l'autel que Fautel se meurt du prêtre.

— L'opinion publique n'est qu'une courtisane qui fait payer d'une manière ou de l'autre ses faveurs.

— Le pis est de mourir ; le mieux est d'être mort.

— Même justifié, le bonheur est un privilège.

— Les adieux sont encombrants ; il vaudrait mieux s'en passer.

— Il n'y a déjà plus que des femmes à lire des romans : il n'y aura bientôt plus qu'elles à en écrire.

— On peut affirmer que de sales pensées traversent les esprits les plus propres.

— Pour te débattre avec Dieu, tu n'as qu'a fléchir les genoux et à joindre les mains.

'SA i la im n-i'i 1 HANTAIS!'

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