F. Brunetière, Revue des deux mondes. Août
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montant l'opinion de Bayle sur la vanité des moral* philosophiques, sans doute, « il faut philosopher, mais il ne faut pas demander à la philosophie non plus qu'à la raison philosophique de nous donner des règles de conduite. 11 ne faut pas prétendre conformer nos actions à un ordre universel dont nous ne pouvons affirmer l'existence qu'autant que nous le tirons d'une certaine idée que nous nous formons de cet ordre, ce qui est un cercle vicieux. »
Cette remarque dogmatique de Brunetiè?'e se heurte à la boutade de Sainte-Beuve : « Le philosophe systématique et le moraliste sont volontiers mal ensemble. Le moraliste, en souriant, importune l'autre. Il sait la ficelle secrète et gêne les grands airs de conquérant. Descartes et La Rochefoucauld, s'ils s'étaient vus, auraient pu difficilement se souffrir. »
Non, la valeur pratique des maximes, en tant que « recettes de bonheur» n'est pas niable. «Les maximes générales sont dans la conduite de la vie, a dit Chamfort ', ce que les routines sont dans les arts... » et « l'homme supérieur saisit tout d'un coup les ressemblances, les différences qui font que la maxime est plus ou moins applicable dans tel cas, ou ne l'est pas du tout. »
Feuilletez un recueil de pensées et vous y trouverez d'innombrables thèmes de méditation, mille invitations au retour sur soi, mille occasions de faire, comme L'écrivit Stendhal, un examen de conscience. Elles constituent une excellente préparation à la sagesse et à la simplicité, sagesse et simplicité conseillées par des