LOUIS DUMUR
Louis Dumur, romancier, poêle, auteur dramatique et publiciste, est né à Genève, en 1865. Il fut un des fondateurs du Mercure de France qui publia de lui les Petits aphorismes\ collabora à l'Européen el au Courrier européen.
Il a publié plusieurs romans : Pauline ou la liberté de V amour ; Un Coco de génie ; Les Trois demoiselles du père Maire; Le Centenaire de Jean-Jacques ; L'Ecole du Dimanche ; Nach Paris! (1919) ;Le Boucher de Verdun (1921) ; une étude sur Les Enfants et la religion, et, au théâtre, La Motte de terre, un acte; La Nébuleuse, un acte, et Rembrandt, drame écrit en collaboration avec Virgile Josz.
— L'indépendance de l'âme consiste à s'affranchir des passions, sa science à les connaître, son bonheur à les assouvir. Concilier cela.
— L'homme est un mécanisme que l'amour-propre remonte chaque jour.
— On ambitionne ce qu'on croit mériter ; on envie ce qu'on sait ne pas mériter ; on jalouse ce qu'on mérite sans pouvoir l'atteindre. Des trois, c'est l'ambition qui a les plus hautes visées.
1. Louis Dumur. Petits aphorismes, publiés dans le Mercure de France (1892).
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— Tu aimeras le bien par tous les moyens qui tendront à le faire croire : tel est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu tromperas ton prochain comme toi-même.
— Les hommes ne demandent pas la vérité : ils demandent seulement qu'on leur déguise le mensonge.
— La politique est l'art de se servir des hommes en leur faisant croire qu'on les sert.
— On a des palpitations de conscience, comme on a des palpitations de cœur. On ne peut pas plus être, dans le premier cas, un homme d'affaires que, dans le second, un homme d'amour.
— Une injustice dont nous profitons s'appelle de la chance : une injustice dont un autre profite se nomme un scandale.
— La moquerie découvre le ridicule des individus et ne voit pas le ridicule de l'espèce.
— Les femmes croient que l'on pardonne tout à leur beauté et les hommes à leur esprit.
— Avoir de l'esprit n'est pas suffisant, il faut en avoir avec esprit.
— Les gens qui ne sont que spirituels sont comme les hannetons : ils s'abattent au beau milieu de n'importe quoi, et souvent les pattes en l'air.
— Tolérer les idées d'autrui est la marque d'un esprit faible ; ne pas les tolérer, celle d'un esprit étroit. Ce qu'il faut, c'est être enclin, par nature, à ne pas tolérer les idées d'autrui, et se forcer à les tolérer, par philosophie.
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— L'esprit de l'enfant est une pâte plus ou moins iine, que l'éducation manipule plus ou moins habilement, et que la vie cuit avec plus ou moins de succès, quand elle ne la fait pas sauter.
— La prospérité des sots est plus une injure pour notre bon sens que celle des méchants pour notre conscience.
— Faire le mal, comme faire le bien, exige du tempérament : la plupart des hommes ne font que le médiocre.
— L'imbécillité contemporaine détourne du présent les esprits délicats ; ils se réfugient dans le passé, où la plèbe révoltante des sots, emportée par l'oubli, n'offusque plus leur regard, et où subsiste seule la compagnie des hommes intelligents et valables.
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JEAN DE BONNEFON
M. Marie-François-Joseph-Jean de Bonnefon de Puyverdier est né le 22 mai 1866. Citons parmi les principales œuvres du brillant écrivain :
La politique d'un saint ; Les évéques de France ; Lourdes ; Le livre de la noblesse pontificale ; Vart et l'autel ; L'élection du pape ; La corbeille des roses ou les dames de lettres ; La noblesse de France et les anoblis de la République ; Le baron de Richemont, fils de Louis XVI, etc., etc.
— Bismarck a inventé Fart de tromper les gens en disant la vérité brutale.
— L'heure de la mort est celle où la religion reprend le mieux sa puissance affaiblie, son pouvoir maintenant discuté.
— Le christianisme — et ce fut sa force, — enferma la femme dans la poésie et dans la vertu.
— L'Eglise est le drain par où la vanité humaine descend du ciel sur la terre.
— La pièce de cinq francs est une hostie d'argent qui contient un faux-dieu vivant.
1. Verba, et voces. Pensées cueillies par M. Gil Robin dans l'œuvre de M. Jean de Bonnefon.
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— Ouatre-vingts fois sur cent, le mari, quand il est trompé, a cessé d'aimer sa femme.
— La femme n'a qu'une arme pour être protégée dans le mariage : c'est l'adultère. Elle s'en sert avec un .gracieux génie.
— En France, il n'y a plus de noblesse. Il ne reste que des titres nobiliaires.
— Il est plus difficile de porter un grand nom que de le créer.
— Le monde de la musique n'est pas toujours celui de l'harmonie.
— La jalousie qui tue n'est pas celle du cœur.
— Les filles qui ont une mère ne quittent pas la maison.
— La pudeur n'est que l'antichambre du vice.
— Contrôler, c'est autoriser.
— La plus belle charité est parfois la charité du silence.
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