‹ La pensée françaiseChapitre 14 sur 155 · Portraits de femmes · texte numérisé non relu

Portraits de femmes

INTROnrCTION 27

justifie, s'il se peut, l'esprit ; elle ne fait que mieux trahir la contradiction môme du cœur. »

Ajoutons que si la force de conversion que comportent les maximes est faible, ceci ne fait qu'affirmer leur caractère hautement esthétique el désintéressé. Shakespeare n'a-t-il pas écrit :

« Les maximes vont bien à celui qui n'a d'autre peine que de les écouter et d'en faire librement son profit. Mais, il lui faut supporter à la fois les maximes et la douleur celui qui, pour payer le chagrin, est obligé d'emprunter à la résignation. Les maximes, tout sucre et tout miel, également concluantes dans l'un et l'autre sens, sont équivoques ; mais, après tout, les paroles ne sont que des paroles et je n'ai jamais ouï dire que la guérison d'un cœur blessé lui arrivât par l'oreille. »

Il est bien évident d'ailleurs, comme le nota jadis Le Guez de Balzac ' que « de même qu'il y a des fous furieux et qui sont habillés en anges, il y a aussi des sottises sentencieuses et qui ont l'apparence d'aphorismes ». Mais a bien soin d'ajouter Fauteur du Socrate chrétien « : Le monde se laisse piper le plus souvent à ce faux éclat etje ne sais si, pour n'être point du monde pipé, il suffit d'être de l'Académie... »

La conviction que nous possédions de l'intérêt des maximes nous a conduits à en rédiger une anthologie qui comprendrait des extraits choisis dans l'œuvre des divers écrivains français qui, depuis le xvie siècle jusqu'à nos jours ont cultivé, avec ou sans succès, ce genre.

Un jour, un charmant homme, excellent père de

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