LUCIE PAUL-MARGUERITTE
Mme Lucie Paul-Margueritte est née à Paris. Outre ses maximes et observations1, elle a publié La déception amoureuse, recueil de nouvelles (Paris, Albin Michel, 1912), Le Singe et le violon, V Amour et les Saisons, etc.
— La clairvoyance : impuissante avant, inutile après.
— Il est si naturel de se vanter qu'en étant modeste, 3n fait croire aux gens qu'on ne vaut pas grand'chose.
— Il la prit pauvre afin que, lui devant tout, elle l'adorât comme un Dieu. Et chacun pensa : « Combien ce jeune homme est désintéressé ! »
— Le désir : une désillusion future.
— Une femme aimera mieux être accusée d'une méchanceté que d'une faute de goût dans sa toilette.
— L'humeur d'une femme varie selon la robe qu'elle porte.
— On commence par se dire avec naïveté : « Aucune souffrance n'égale la mienne. Elle est unique.» Puis, on reconnaît qu'elle ne l'est pas et l'on se méprise profondément.
Ne pas même avoir l'orgueil de sa peine ! Quelle misère I
1. Lucie Paul-Margueritte. Paillettes, 1 vol. in-12 couronne. Paris, Sansot, 1908.
-ilS LA PENSÉE FRANÇAIS]
— Avant de remédier à un accident, on demande « comment c'est arrivé ».
— Quand elle l'avait bien exaspéré, elle murmurait d'un ton doux :
— « Gomme tu es nerveux, mon ami ! »
— On médit plus d'un ami que d'une ennemie : on le connaît mieux.
— Je l'ai un peu trahi. Vais-je l'en aimer mieux?
— Certains êtres ne savent pas être aimables avec les gens heureux.
— Un synonyme au verbe aimer : opprimer.
— Certaines natures timides ne sont « elles-mêmes » qu'avec des étrangers.
— Rien n'est plus mauvais que de souffrir très jeune. On ne sait ensuite croire au bonheur s'il vient.
— La beauté est de tous les vices celui qu'on pardonne le moins.
— Oh ! les bonheurs médiocres auxquels on s'habitue !
— Le chagrin plus que le bonheur différencie les êtres ► Les âmes heureuses se ressemblent toutes.
LA PI NSÂB Mi INÇAISE 1 f<>