‹ La pensée françaiseChapitre 151 sur 155 · JEANNE BROUSSAN-GAUBERT · texte numérisé non relu

JEANNE BROUSSAN-GAUBERT

Mmc Jeanne Broussan-Gaubert est née à Liège (Belgique), Outre ses pensées', elle a publié Lettres d'une Fiancée, petit in-8, à la Nouvelle Revue (1909) ; L'amour- jardinier, conte, petit in-16 (Sansot, 1910); Josette Chardin ou V Egoïste (Sansot, 1912), Reviendra-t-il, Barberine danseuse, Loula (1920), i?t fait représenter au théâtre François-Coppée Le plus fou des trois, un acte en prose (avril-mai 1912).

— Il est curieux de constater la défaite de l'énergie, de La sincérité, de la hauteur morale, à une époque où il est à la mode de citer Ecce homo ou « Zarathoustra ».

— Avoir mis toute son énergie à poursuivre un but, l'atteindre. Et puis le contempler avec tristesse en se disant : «Je me suis peut-être trompé? C'était cet autre qu'il fallait poursuivre... »

— Je songe avec pitié aux nombreuses femmes qui n'ont pas été paresseuses, à celles qui, ayant peiné leur vie entière, ne virent jamais leur salaire d'une semaine atteindre vingt francs. Je me rappelle quelques enfants de huit et dix ans qui, visités un jour de Noël, mangèrent une orange pour la première fois.

1. La nouvelle bourgeoise, Propos, Pensées et Etrennes d'une Parisienne en 1911, recueillies par Jeanne Broussan-Gaubert ; dessins nédits de M1Ie Albertine Bernouard; petit in-16 carré. A la belle Ediion, Paris, 1911.

— Aucune liberté ne serait à craindre en amour si l'amour était toujours sain, vigoureux et loyal.

— Pourquoi une femme qui veut se donner un genre cherche-t-elle presque toujours à s'en donner un mauvais ?

— Les femmes aiment à plaire. Ce n'est souvent ni pour être coquette, ni dans l'espoir de se faire aimer, ni pour l'orgueil léger que cause un compliment. C'est simplement dans le désir de plaire !

— Pourquoi ridicule et odieuse l'union de deux êtres vierges ? Je songe au bonheur étrange et merveilleux de découvrir les caresses, de posséder tout entier, dans son cœur et dans sa chair, l'être que l'on désire, sans souvenirs avilissants. L'homme doit-il donc apprendre ?

Pauvre amour alors que le sien !

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