‹ La pensée françaiseChapitre 24 sur 155 · JEANNE DE SCHOMBERG, DUCHESSE DE LIANCOURT · texte numérisé non relu

JEANNE DE SCHOMBERG, DUCHESSE DE LIANCOURT

Fille de Henri de Schomberg, maréchal de France, elle naquit en 1600 et épousa, à l'âge de vingt ans, le duc de Liancourt, célèbre par sa dissipation. Elle ne tarda pas à avoir une si grande influence sur son mari qu'elle le rendit bientôt aussi pieux qu'elle-même. Leur liaison avec Port-Royal est restée célèbre dans l'histoire du jansénisme. Le DrArnauld, Pascal et les solitaires de Port-Royal venaient souvent au château de Liancourt que Jeanne de Schomberg avait fait embellir d'après ses propres plans. Elle eut un fils tué devant une place de Flandre, et une fille mariée au prince de Marcillac, et qui mourut à l'âge de vingt-quatre ans. Sa bonté était proverbiale relie en donna mainte preuve durant le procès qu'elle eut à soutenir contre sa belle-sœur, femme du second maréchal de Schomberg.

Elle mourut le 14 juin 1674, deux mois avant son mari.

— Notre naissance et notre mort dénuées de toutes choses nous doivent bien faire considérer que nous n'avons pas plus de droit naturellement aux biens de la terre que les plus pauvres et même que ceux qui la cultivent auraient plus de raison d'y prétendre que nous.

1. Règlement donné par une dame de haute qualité à Mme *** sa petite-fille, pour sa conduite et pour celle de sa maison. Paris, 1698T in-12. Réimprimé en 1779, in-12.

i \ pi Nséi ra \m; \im 53

— Nous sommes, dès notre naissance, si faibles et si enclins au mal que nous devons avoir une attention continuelle à éviter les occasions qui nous y peuvent porter et à tirer de bons effets de cette mauvaise cause.

— L'amitié et le soin des bêtes n'est que pour un temps fort court, leurs petits n'ayant besoin d'elles que lorsqu'ils ne sont pas en âge de conserver leur vie sans leur secours ; mais les hommes, qui ont à acquérir une vie immortelle, ont bien besoin d'un soin plus long et plus continuel.

— Ne mariez jamais vos filles pour suivre seulement leur inclination ; mais aussi ne les forcez jamais d'épouser personne pour qui elles aient une aversion invincible, quand même on n'y verrait pas de sujet bien raisonnable; et, ce que je dis en cela pour vos filles, je le dis pour vos garçons.

S I LA l'ENSEK FRANÇAIS!-:

Page 1