‹ La pensée françaiseChapitre 41 sur 155 · OXENSTIERN · texte numérisé non relu

OXENSTIERN

Gabriel Thurelon, comte d'Oxenstiern, neveu du grand ^.xel, sénateur et chancelier de Suède, naquit à Stockholm, n 1641. Ses études terminées, il parcourut une partie de Europe, pratiqua ensuite le métier des armes, fut nommé mbassadeur de Suède au congrès de Ryswick et appelé en 699 par Charles XII au poste de gouverneur du duché des )eux-Ponts qui venait d'échoir à la maison royale de Suède.

Il mourut en 1707. C'est durant les dernières années de a vie qu'il écrivit en français l'ouvrage très connu qui fut >ublié à Francfort sous le titre de Pensées sur divers sujets ivec des réflexions morales (1725).

— Sachez dissimuler avec prudence les faiblesses et es défauts de vos amis si vous voulez les conserver.

— Nous sommes plus souvent la dupe de notre pro- >re cœur que des artifices et de la fourberie des autres.

— Les enfants disent ce qu'ils font, les vieillards ce m'ils ont fait et les sots ce qu'ils ont envie de faire.

— Le monde se lasse facilement de ceux qui ont îommencé à se lasser de lui.

— Un esprit borné dans une grande élévation est me vraie pagode de sots.

96 I.A PENSÉE FRANÇ.MSi:

— Un moyen infaillible pour n'avoir point d'envieux, c'est d'être sans mérite.

— Passer de la pauvreté à l'opulence, c'est seulement changer de misère.

— 11 en est des domestiques comme des habits : ils se gâtent par l'usage.

— Un sot se trouve quelquefois élevé à des dignités considérables : cela arrive lorsque la Fortune veut badiner et cette envie lui prend assez souvent.

— Rien n'est certain dans ce monde que la mort. Tout le reste porte sur un peut-être.

— L'amour-propre nous rend infiniment plus sensibles aux disgrâces qu'aux faveurs de la fortune.

— C'est de Dieu que les hommes ont reçu l'être ; mais, c'est à la fortune de leur donner le bien-être.

— Le monde est un pèlerinage bien dangereux pour ceux qui aspirent à l'éternité.

— La céruse et le vermillon replâtrent le visage des femmes : mais la fortune est le fard de l'homme.

— Ce n'est presque jamais qu'aux dépens de son repos qu'on entreprend de troubler celui des autres.

— L'homme sans argent est continuellement à l'agonie et l'argent sans homme est une chose morte.

— A quoi servent les richesses quand on se borne à leur simple possession ? La dépense en fait tout le mérite.

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