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LA BRUYÈRE

Jean de La Bruyère naquit en 1644, près de Dourdan. résorier de France à Caen, puis chargé, sous la direction de lossuet, d'enseigner l'histoire au duc de Bourgogne, il veut auprès de ce prince en qualité d'homme de lettres avec ne pension de mille écus. Nommé membre de l'Académie le r>juin 1693, il mourut d'apoplexie à Versailles, le 10 mai 1696.

Ses Caractères, imprimés en 1687, eurent un grand succès, ar chacun voulait placer un nom sous ses portraits.

Belin de Ballu, qui a donné une édition des Caractères Daris, Bastien, 1790, 2 vol. in-8°), a fait aussi imprimer la 'aduction de Théophraste par La Bruyère à laquelle il a jouté la traduction des chapitres 29 et 30 de l'auteur grec nprimés pour la première fois en 1786 à Rome.

Les Dialogues posthumes sur le Quiétisme de La Bruyère irent donnés en 1699, in-12.

— L'on gagne à mourir d'être loué de ceux qui nous nrvivent, souvent sans autre mérite que celui de n'être lus. Le même éloge sert alors pour Caton et pour Pison.

— Un coupable puni est un exemple pour la canaille. fn innocent condamné est l'affaire de tous les honnêtes ens.

L'impossibilité où je suis de prouver que Dieu n'est

as me découvre son existence.

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— Si on ne goûte point ces Caractères je m'en étonne et, si on les goûte, je m'en étonne de même.

— Lorsqu'on désire, on se rend à discrétion à celui de qui l'on espère ; est-on sûr d'avoir, on temporise, on parlemente, on capitule.

— 11 n'y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu'ils ménagent moins que leur propre vie.

— Otez les passions, l'intérêt, l'injustice, quel calme dans les plus grandes villes 1 Les besoins et les subsistances n'y font pas le tiers de l'embarras.

— Les fourbes croient aisément que les autres le sont ; ils ne peuvent guère être trompés et ils ne trompent pas longtemps.

— Il n'y a pour l'homme que trois événements, naître, vivre et mourir ; il ne se sent pas naître, il souffre à mourir et il oublie de vivre.

— L'esprit de parti abaisse les grands hommes jusqu'aux petitesses du peuple.

— La santé et les richesses, ôtant aux hommes l'expérience du mal, leur inspirent la dureté pour leurs semblables ; et les gens déjà chargés de leur propre misère sont ceux qui entrent davantage par la compassion dans celle d'autrui.

— Il y a une espèce de honte d'être heureux à la vue de certaines misères.

— Tout l'esprit qui est au monde est inutile à celui qui n'en a point.

— La plupart des hommes emploient la première partie de leur vie à rendre l'autre misérable.

— C'est une grande difformité dans la nature qu'un ieillard amoureux.

— Il y a dans quelques hommes une certaine médiorité d'esprit qui contribue à les rendre sages.

— La faveur des princes n'exclut pas le mérite et ne î suppose pas aussi.

— Du même fonds dont on néglige un homme de méite l'on sait encore admirer un sot.

— Un dévot est celui qui, sous un roi athée, serait thée.

— Après l'esprit de discernement, ce qu'il j a au monde e plus rare, ce sont les diamants et les perles.

— Le flatteur n'a pas assez bonne opinion de soi ni es autres.

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