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ressemblent à ces terres marécageuses sur lesquelles on est forcé de courir légèrement sans y arrêter jamais le pied.
— Les passions sont chez les hommes des vents qui sont nécessaires pour mettre tout en mouvement, quoiqu'ils causent souvent des orages.
— La plupart des femmes aiment mieux, ce me semble, qu'on médise un peu de leur vertu que de leur esprit ou de leur beauté.
— Dans l'usage ordinaire, la première question qu'on fait sur une femme que l'on ne connaît point, c'est : Est-elle belle ? la seconde : A-t-elle de V esprit f II arrive rarement qu'on fasse une troisième question.
l.\ PENSÉE FRANÇAISE
MONTESQUIEU l (1689-1755).
Charles de Secondât, baron de Montesquieu, naquît en 1689, au château de La Brède, près de Bordeaux. Après avoir été nommé conseiller au Parlement de Bordeaux, en 1.714, il en devint, deux ans après, par suite du départ d'un de ses oncles, président à mortier. En 1721, il publia les Lettres Persanes, que Ton a qualifiées le plus profond des livres frivoles. En 1726, il se démit de ses fonctions pour s'adonner aux lettres, et, en 1728, il était reçu à l'Académie française. Il entreprit alors une série de voyages en Autriche, Hollande, Italie, Angleterre. Puis il se retira dans sa terre et se consacra entièrement à la composition de ses deux œuvres maîtresses : Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains (1734), l'Esprit des lois (1748). Il mourut à Paris en 1755. Ses Œuvres complètes out été publiées plusieurs fois : Auger, 1816, 6 vol. in-8, Lequien, 1819, 8 vol. in-8 ; de Parelles, 1822r 8 vol. in-8 ; Lefèvre, 1826, 6 vol. in-8.
— Les ouvrages qui ne sont point de génie ne prouvent que la mémoire ou la patience de l'auteur.
— Il faudrait convaincre les hommes du bonheur qu'ils ignorent, lors même qu'ils en jouissent.
1. Œuvres complètes. Pensées diverses. Lefèvre, 1826, 6 vol. in-8, t. VI. Pensées et fragments inédits de Montesquieu, publiés par le baron Gaston de Montesquieu. Bordeaux, Gounouilhou, 1899, in-4.