‹ La pensée françaiseChapitre 52 sur 155 · DIDEROT · texte numérisé non relu

DIDEROT

Diderot (Denis) naquit à Langres, en 1713. Fils d'un coutelier, il vint à Paris faire ses études et, du collège d'Harcourt, passa dans l'étude d'un procureur. Mais il préférait à la chicane l'étude des langues modernes et des mathématiques. Abandonné par ses parents, il donna pour vivre des leçons et fit des traductions d'anglais II s'associa d'Alembert pour la rédaction de V Encyclopédie, œuvre immense qui eut une portée considérable sur les esprits à la fin du xvme siècle. Cette œuvre fit la fortune des libraires, mais point celle de Diderot qui ne dut qu'aux libéralités de Catherine de Russie l'aisance de ses vieux jours. Il mourut à Paris en 1784

La première édition des Œuvres de Diderot fut publiée par Naigeon, son ami et son disciple (Paris, 1798, 15 vol. in-8°).

En 1757, Diderot avait fait paraître à Londres (chez Porphyre, à Saint-Thomas), et sans le signer, un petit recueil de Pensées philosophiques avec ce titre :

Etrennes des Esprits forts et cette épigraphe :

Hic piscis non est omnium.

— Rien n'est plus capable d'affermir dans l'irréligion que de faux motifs de conversion.

— C'est le comble de la folie que de se proposer la ruine des passions. Le beau projet que celui d'un dévot qui se tourmente comme un forcené pour ne rien dési-

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rer, ne rien aimer, ne rien sentir, et qui (inirait par devenir un vrai monstre s'il réussissait.

— Il y a des gens dont il ne faut pas dire qu'ils craignent Dieu, mais bien qu'ils en ont peur.

— On demandait un jour à quelqu'un s'il y avait de vrais athées. « Croyez-vous, répondit-il, qu'il y ait de vrais chrétiens ? » —

— L'ignorance et Yincuriosilè sont deux vieillards fort doux ; mais, pour les trouver tels, il faut avoir la tête aussi bien faite que Montaigne.

— On doit exiger de moi que je cherche la vérité mais non que je la trouve.

— On risque autant à croire trop qu'à croire trop peu.

— Le vrai martvr attend la mort.

L'enthousiaste y court.

— Toute innovation est à craindre dans un gouvernement.

— C'est en cherchant des preuves que j'ai trouvé des difficultés. Les livres qui contiennent les motifs de ma croyance m'offrent en même temps les raisons de l'incrédulité.

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