HELVÉTIUS
Helvétius (Claude-Adrien) fils de Jean-Claude-Adrien Helvétius, médecin du roi, naquit à Paris, en 1715. Ayant obtenu, par protection de la reine, une charge de fermier général, il la remplit de 1738 à 1751 avec désintéressement. Il employa son immense fortune à encourager et à soutenir les gens de lettres. Saurin, Marivaux, Dumarsais, l'abbé Sabatier reçurent de lui des pensions. Sur l'intervention du clergé, son livre De V Esprit fut brûlé le 6 février 1759. Helvétius rétracta son œuvre, et protesta de so n dévouement aux vérités du christianisme. Il mourut à Paris, le 26 décembre 1771. Outre son grand ouvrage De V Esprit (1758), il laissa des épîtres philosophiques, les fragments d'une tragédie, la Conjuration de Fiesque. Le Bonheur, poème en six chants, parut à Londres, après sa mort, en 177*2, ainsi que son livre De l'homme, de ses facultés intellectuelles et de son éducation. Ses œuvres ont paru complètes en 1795 (5 vol. in-8 et 14 vol. in-18). M. Albert Keim en 1907 a publié sur cet auteur une étude remarquable intitulée : Helvétius, sa vie, son œuvre.
— La vérité est un flambeau qui luit dans un brouillard sans le dissiper.
— On ne marche à la vérité que dans le silence des >ens.
— Les hommes sont toujours contre la raison quand la raison est contre eux.
— On n'est imposteur que lorsqu'on l'est à demi.
— Sois ignorant et non pas décisif.
— Quelque temps après qu'une erreur a disparu, les hommes ne conçoivent pas comment on Ta pu croire.
— L'amour est insatiable de plaisirs et ses souhaits occupent la place des forces.
— Chaque belle a diverses beautés et chaque beauté fait naître des désirs.
— Filles, formez-vous à l'art de séduire et d'enchanter vos amants en attendant que vous puissiez contenter leurs passions. Accordez vos faveurs tandis que votre chair est ferme et blanche. Bientôt, le temps viendra brunir cette belle gorge et amollir ces fesses ; il éteindra le feu de vos yeux. Alors, en vain, vous offrirez vos faveurs.
— En amour, le plus amoureux est roi.
— Il est dans l'amour de certaines caresses que l'amour nous apprend. Chaque art a ses finesses.
— On ne vit que le temps qu'on aime.
— On n'entend pas souvent les métaphysiciens parce qu'ils ne s'entendent pas eux-mêmes.
— La raison et l'âme suit les progrès du corps. Elle est plus faible dans l'enfance et la vieillesse. Ainsi que le corps, il se pourrait bien faire qu'elle fût matière.
— Homme, ne pense pas, malheureux. N'aie que les pensées de ton père ou de ton ami.
LA PBN8ÉB IRAKÇAIE 133
— Il y a des gens que l'on mène par la crainte même où ils sont d'être menés.
— Pas plus de sûreté dans un dévot que dans un courtisan. L'un abandonne son ami pour faire fortune auprès de son roi, l'autre pour la faire auprès de son Dieu.
— Les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit.
— On sacrifie souvent les plus grands plaisirs de la vie à l'orgueil de les sacrifier.
— Il y a des gens qu'il faut étourdir pour les persuader.
— La vertu a bien des prédicateurs et peu de martyrs.
— Les cigales sont bien heureuses d'avoir des femmes muettes.
— On ne peut compter pour amis les gens qui <>nt des préjugés. Leur amitié tient toujours à celle des autres.
— On est souvent trop sage pour être un grand homme. Il faut un peu de fanatisme pour la gloire et dans les gens d'état.
— Veux-tu plaire aux hommes ? Fais valoir leur esprit.
— La religion a fait de grands maux et peu de p titfl biens.
— Les rois disent qu'ils aiment le vrai, mais ma; ■ ir à qui les croit sur parole.
— Tel passe pour grand esprit qui ne serait qu'un sot s'il n'était pas ministre.
— Un grand mérite et un grand esprit sont un <: reux outil. Il vaut mieux être souple et bas.
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