‹ La pensée françaiseChapitre 58 sur 155 · Alfred Bougeard. Les moralistes oubliés · texte numérisé non relu

Alfred Bougeard. Les moralistes oubliés

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rime des assignats, elle support;! la périt' de bs fortune aved znation et lit preuve dans sa vie d'une belle philosophie

dont ses admirables maximes nous ont conservé le précieux relie I.

Outre ses Pensées, M:,,° d'Arconville a laissé un grand nombre de traductions et d'ouvrages tous publiés sous le x'oile de l'anonyme. Parmi les traductions, citons :

Avis d'un père à sa fille d'Halifax. — Les Leçons de Chimie de Shaw. — Le Traité d'astrologie de Mouro, et parmi ouvrages : Vie du cardinal d'Ossat, Paris, 1771, 2 vol. in-8 ; Vie de Marie de Médicis, 1774, 3 vol. in-8 ; Histoire de François //, 1783, *2 vol. in-8, et, enfin, un Traité de la putréfaction.

— Il y a des gens qui se croient dévots parce que la crainte d'être damnés les empêche quelquefois de faire le mal.

— Si les hommes étaient réellement convaincus de leur prétendue croyance, hors les fous, ils seraient tous des saints.

— La plupart des hommes désirent plus d'être admirés que d'être aimés. L'admiration satisfait l'amour- :>ropre,et tous les hommes en ont. L'amitié est une affaire de sentiment, et il y a bien des gens qui n'en ont point.

— On rougit plus souvent par amour-propre que par modestie.

— La crainte de paraître ignorant est le plus grand ipbstacle pour cesser de l'être.

— Ceux qu'on n'admire jamais admirent rarement les autres.

— Si nous n'avions point tant de prétentions, celles des autres ne nous choqueraient pas tant.

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— On ne demande guère d'avis que pour faire approuver le sien.

— L'amitié qui n'exige rien et qui ne se plaint jamais est presque toujours faible.

— On jouit bien davantage, et d'une façon bien plus agréable, du sentiment dont on est aiFecté que de celui qu'on inspire.

— Les passions sont, sans contredit, la source de tous les plaisirs, mais elles n'ont jamais fait d'heureux.

— En fait de passions, on n'est point aimé parce qu'on aime, mais parce qu'on plaît.

— L'habitude d'aimer est très facile à prendre et très difficile à perdre.

— En amour, il ne suffit pas qu'on soit content de nous, il faut encore que nous rendions content de lui l'objet à qui nous voulons plaire.

— L'habitude d'être vaincu énerve le courage et empêche de vaincre.

— On ne séduit guère que ceux qui sont déjà séduits.

— Il n'y a rien de plus dangereux pour une femme honnête qu'un amant sage et respectueux parce que sa conduite écarte tout soupçon de danger et le rend, par ce moyen, presque inévitable.

— On n'est heureux qu'autant qu'on est passif ; on n'a de plaisir qu'autant qu'on est actif.

— Les femmes ne jouent presque jamais de rôle dans le monde par elles-mêmes que par l'indécence, l'intrigue ou le ridicule.

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— La plupart des femmes n'apprennent que pour qu'on -dise qu'elles savent, et se soucient fort peu de savoir en effet.

— Les jolies femmes veulent être cajolées ; les laides veulent être considérées; les vieilles veulent être conseillées et respectées ; les beaux esprits femelles veulent être célébrés et admirés ; — mais toutes veulent être flattées.

— Il est bon qu'une femme soit en familiarité avec quelques autres femmes, mais il vaut mieux qu'elle ne soit en confiance avec aucune.

— La plupart des femmes préféreraient plutôt d'être moins aimées en effet pourvu qu'elles le parussent davantage, parce que la vanité est le premier de tous leurs sentiments.

— Les hommes admirent la vertu, mais c'est la coquetterie qui les subjugue.

— 11 est inutile d'épouser son ami et l'on fait mieux de ne pas épouser son amant.

— On met souvent à la tête du gouvernement des .gens dont les particuliers n'eussent pas voulu faire leurs nommes d'affaires.

— Tout homme qui cherche de la consolation après la perte de ce qu'il aimait, est déjà plus qu'à moitié consolé.

— Il est bien difficile de parler quelque temps de son prochain, sans finir par en dire du mal.

— Nous ne sommes vraiment philosophes que sur les choses qui nous intéressent peu.

— On ne saurait aimer trop de choses et trop peu de gens.

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— A mesure qu'on avance en âge, on s'aime davantage et on aime moins les autres.

— On estime les choses et souvent les hommes à proportion de leur inutilité.

— Il faut souvent, pour obtenir justice, paraître demander grâce.

— On ne hait ordinairement que ceux qu'on ne peut mépriser.

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