I.A l'KNSKI. FRANC MM
pensées de M. de Boufllers. « Les pensées, les saillies et les bons mots de M. de Boufllers, dit-il dans la préface, sont la partie la plus volatile de son esprit et méritaient d'être ii.vés sur le papier. Sans doute, presque tout leur sel s'évapore : il leur manque le geste et l'accent de l'auteur; mais le lecteur intelligent le remet sans peine en attitude dans la conversation ; ces traits épars recueillis des discours d'un homme tel que M. de Boufflers sont faits pour piquer vivement la curiosité de ceux qui apprécient la politesse française dont la tradition se perd tous les jours et dont il ne restera bientôt plus, hélas! qu'un triste souvenir. »
— On doit savoir gré au pouvoir de faire le premier pas vers le mérite.
— Personne, en fait d'esprit, ne sait précisément son :ompte : ce qu'il y a de bon, c'est que presque toujours m se croit plus riche qu'on n'est, et que souvent même es plus pauvres sont les plus contents.
— Nous portons les marques de nos habitudes comme 'esclave celles de sa chaîne.
— L'oubli, cette seconde mort que les grandes âmes Taignent plus que la première.
— Hélas ! le bien même n'a pas toujours été fait pour e bien.
— La sensibilité peut suffire à tout et ce qui coule le source est inépuisable.
— Quel est l'homme d'esprit qui ne se laissera pas uelquefois gagner par une sotte ? Il y en a de si jolies !
— La conversation, chose si superflue et si nécessaire ù les uns ne disent pas toujours ce qu'ils savent et les utres ne savent pas toujours ce qu'ils disent.
— C'est peut-être une question de savoir s'il y a des questions vraiment oiseuses ; nous en doutons, persuadés que tous les exercices de l'esprit lui font du bien.
— Ce qui rend le bonheur si rare, c'est la rareté de la constance.
— Ce qu'on soupçonne affecte souvent plus que ce qu'on éprouve.
— Helvétius cherche Tintérêt dans tous les cœurs et ne trouve que bonté dans le sien.
LA PI nsi'.i-: Kil tNCAISI 1 73