JOUBERT
Joubert naquit à Montignac (Gorrèze), en 1754. En 1778r il abandonna l'ordre des Frères de la Doctrine chrétienne et vint à Paris. Elu juge de paix à Montignac en 1790, il se maria en 1793 et alla habiter Villeneuve-sur-Yonne. Il venait cependant à Paris fréquemment à cause de ses fonctions de conseiller de l'Université dont l'avait gratifié Fontanes, « le plus ancien de ses amis », dit Chateaubriand.
Joubert, quand il mourut, en 1824, n'avait rien publié. Chateaubriand pratiqua, dans les manuscrits qu'il avait laissés, un choix de Pensées qui parut en 1838.
Dans sa préface, l'auteur des Martyrs disait :
« J'ai lu ces mots dans les fragments de M. Joubert : « Le ver à soie file ses coques et je file les miennes, mais on ne les dévidera pas. » Si, je les ai dévidées : j'ai séparé les sujets confondus sur des chiffons de papier... On verra par la beauté de ces pages ce que j'ai perdu et ce que le monde a perdu... Il y a déjà quatorze ans que j'ai accompagné le corps de cet ami au dernier asile : les pensées de M. Joubert vont reposer dans la vie comme ses cendres reposent dans la mort. »
Ce choix de maximes fut augmenté par les soins du neveu de l'auteur, Paul Raynal, sous ce titre : Pensées, essais, maximes et correspondance (1842, 2 volumes).
L'abbé G. Pailhès l a publié deux opuscules antérieurs à la Révolution et dont il semble bien que l'auteur fût Joubert,,