‹ La pensée françaiseChapitre 90 sur 155 · MADAME SWETCHINE · texte numérisé non relu

MADAME SWETCHINE

Anne-Sophie Sogmonov naquit à Moscou, en 1782. A dixsept ans, elle épousa le général Swetchine, qui avait vingtcinq ans de plus qu'elle. Elle occupa longtemps un des premiers rangs dans la haute société de Saint-Pétersbourg, mais son mariage, peu heureux, la poussa vers le mysticisme religieux. Attirée à la foi catholique par les conversations de Joseph de Maistre, elle abandonna la religion orthodoxe russe et vint se fixer en France (1816). Elle y ouvrit un salon très particulier, où pendant quarante ans se réunirent les notabilités du parti catholique. L'Eglise avait autorisé la création d'une chapelle voisine du salon, où les de Maistre, les Montalembert et les Falloux pouvaient aisément communier.

Ce fut Falloux qui, à la mort de Mme Swetchine (1857), publia un choix de ses manuscrits : Mme Swetchine, sa vie et ses œuvres ; Lettres de Mme Swetchine (1862) ; Mme Swetchine, journal de sa conversion, méditations et prières (1863); Correspondance de Mme Swetchine avec le P. Lacordaire (1864).

— Il y a des geûs qui ne parlent jamais d'eux-mêmes ; mais c'est pour y penser toujours.

1. Mme Swetchine, sa vie et ses œuvres, par Falloux (1859), 2 vol. Le second volume est intitulé : Pensées, morceaux choisis et traités divers. Sur la vie de cet auteur, M. Fernand Laudet a publié un intéressant ouvrage.

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— Qu'est-ce que se résigner ? C'est mettre Dieu entre la douleur et soi.

— Les caractères passionnés n'atteignent le but qu'après l'avoir dépassé.

— Notre vanité est sans cesse l'ennemie de notre amour-propre.

— Le courage qu'on a eu fait souvent la meilleure partie de celui qu'on a.

— Les chaînes qui nous serrent de plus près sont celles qui nous pèsent le moins.

— C'est en devenant plus malheureux qu'on apprend quelquefois à l'être moins.

— On s'attend à tout, et on n'est jamais préparé à rien.

— Le repentir c'est le remords accepté.

— Au fond, il n'y a dans la vie que ce qu'on y met.

— Une femme qui n'a pas été jolie n'a pas été jeune.

— Les voyages sont la partie frivole de la vie des gens sérieux et la partie sérieuse de la vie des gens frivoles.

— La foi dans le désordre d'une vie coupable, c'est la lampe antique qui brûlait dans les tombeaux.

— Je ne reconnais au catholique qu'un seul droit, c'est celui de faire mieux que les autres.

— On acquiert en proportion de ce qu'on possède.

— On ne pardonne jamais assez, mais on oublie trop.

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— Il y a des publics choisis qui pourtant ne sont pas des publics d'élite.

— Que de gens sont comme les chiens qui semblent chercher un maître !

— Les années ne font pas des sages, elles ne font que des vieillards.

— Quand on est vieille, c'est encore aux vieux que Ton plaît le moins.

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