‹ La pensée françaiseChapitre 92 sur 155 · PÉTIET · texte numérisé non relu

PÉTIET

Louis-Auguste Pétiet naquit à Rennes, en 1784. Il embrassa la carrière militaire et devint général de brigade à la suite de L'Expédition d'Alger. Retraité en 1848, il fut élu, en 1V">J. député de la Nièvre. Il mourut en 1858. En 1852, il avait publié des Pensées, maximes, réflexions *.

« La Rochefoucauld et Yauvenargues. disait-il dans sa préface, ont porté les armes : quand on a souvent bravé la mort, on apprend à penser... (Louis XV eût ajouté : « Les chevaux, sans doute, général ? ») Mais il est plus facile de livrer des combats que de connaître les replis du cœur humain... »

Outre ces pensées, le général Pétiet publia un Journal historique de la 3e division de l'armée d'Afrique (1830,) et des Souvenirs militaires de l'histoire contemporaine (1844.

— Ce qui empêche tant de gens d'arriver c'est de ne pouvoir se soumettre à la règle d'être sans humeur et sans honneur.

— Quand on a parcouru la moitié de sa carrière, il faut être bien médiocre pour qu'un titre puisse ajouter à la réputation.

1. Pensées, maximes, réflexions du général Auguste Pétiet. grand officier de la Légion d'honneur. Paris, Arayot. 1S51, avec cette épigraphe : « Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. »

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— L'esprit de servilité est un moyen de parvenir.

— L'esprit de servilité ne s'acquiert pas ; il est inné dans certaines familles, et, chose extraordinaire, il se trouve plus souvent dans les familles élevées par de grandes richesses et portant des noms célèbres.

— L'amour n'est autre chose que le désir de l'inconnu poussé jusqu'à la rage.

— L'homme se marie pour se retirer du monde, la femme pour y entrer.

— Les hommes ont besoin de tout ce qu'ils n'ont pas ; les femmes ne désirent que ce que les autres femmes possèdent.

— J'ai entendu dire à une jolie femme qu'il fallait prendre les hommes comme ils sont et les femmes comme elles veulent être.

— Les femmes ne vivent que des émotions que donne l'amour. Une vieille dame avouait qu'étant jeune, elle avait beaucoup aimé. « Oh ! s'écriait-elle, les bons chagrins que j'avais dans ce temps-là ! »

— Se croire placée par son amant au-dessus de toutes les autres femmes, est un grand moyen de séduction.

— Le duc de Richelieu enlevait, à soixante ans, une religieuse de dix-huit. La belle maréchale de Villars adorait son époux qui avait trois fois son âge. Je voudrais qu'on me fit connaître un homme épris d'une femme septuagénaire.

— La jeunesse, la beauté, la fortune ont un terme ; l'amabilité n'en a pas.

— Les femmes sont plus touchées et plus reconnaissantes des petits soins que d'un grand service rendu.

— La vertu de la femme a quelque analogie avec une place de guerre : une place n'est réputée imprenable que lorsqu'elle a été souvent attaquée sans succès.

— De tous les ambitieux déchus, le ministre est le plus inconsolable.

— La popularité est comme la jeunesse : lorsqu'elle est passée, elle ne revient plus.

— Lorsque l'injustice qui vous frappe se prolonge, les indifférents et même vos amis ne tardent pas à croire qu'elle est méritée.

— 11 vaut mieux, quand on sollicite, voir les ministres que de leur écrire. Les gouvernants ont la mémoire dans l'œil.

— L'homme est libre quand il ne craint rien et ne désire rien.

— Un être sans caractère est une nourrice sans lait, un soldat s^ns armes, un voyageur sans argent.

— Il y a des blessures de l'amour-propre que l'on ne confie pas à la plus tendre amitié.

— L'un des plus grands maux de la vieillesse est de n'avoir plus confiance en soi.

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