PELET DE LA LOZÈRE
Privat-Joseph-Claramond Pelet de la Lozère naquit le 12 juillet 1785, à Saint-Jean-du-Gard.
Son père, membre du Conseil des Cinq-Cents, confia l'éducation de son fils à Mme Delessert, femme distinguée, à laquelle Jean-Jacques Rousseau avait dédié ses Lettres sur la. Botanique.
Auditeur au Conseil d'Etat en 1806, il fut rayé de la Haute Assemblée au retour des Bourbons. Mais Louis XVIII le nomma préfet du LoirTet-Cher en 1819. Révoqué en 1820, il alla en Angleterre comme délégué de la Société biblique de Paris auprès de la Société biblique de Londres. A son retour, en 1827, il fut élu député par ses anciens administrés de Blois.
La Chambre le nomma vice-président en 1834, et, le 22 février 1836, il devenait ministre de l'Instruction publique dans le cabinet présidé par M. Thiers.
Le 1er mars 1840, M. Thiers lui confia le portefeuille des Finances. La Révolution de 1848 mit fin à sa carrière politique et il vécut dans la retraite jusqu'au 7 février 1871, date de sa mort. Outre ses Pensées l, le comte Pelet de la Lozère écrivit: Opinions de Napoléon sur divers sujets de politique et d' administration recueillies par un membre de son Conseil d'Etat (1833) ; Précis de V histoire des Etats-Unis d'Amérique depuis leur colonisation jusqu'à ce jour (1845) ; La-
1. Pensées morales et politiques du comte Pelet de la Lozère, précédées d'une notice sur sa vie et ses œuvres, par Ernest Dhombres, Paris, Michel Lévy, 1873.
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fayeite en France et en Amérique (1867) et diverses études historiques sur Cromwell et Napoléon, Jacques II et Charles A, Guillaume d'Orange et Louis-Philippe, parues dans la Revue Chrétienne, en 1860 et 187<).
Les Pensées de Pelet de la Lozère ne parurent pas de son vivant. Peu avant sa mort, il écrivit à un de ses parents :
« Tu trouveras bien des manuscrits de moi, fruit d'une longue vie politique et littéraire, surtout un recueil de pensées classées par sujets ; religion, morale, politique, etc. Je n'ai aucune pensée de vanité ni d'amour-propre, mais elles peuvent être utiles pour l'amélioration de beaucoup ; il peut y avoir, dans leur publication, un intérêt général, le seul que je recherche. »
Protestant, le comte Pelet de la Lozère, plusieurs fois, intervint à la Chambre des Pairs en faveur de la liberté des cultes et fut certainement un des premiers hommes politiques qui préconisèrent la séparation des Eglises et de l'Etat.
— Les peines de la vie font supporter la pensée de la mort ; la pensée de la mort fait supporter les peines de la vie.
— La vanité est le défaut que nous pardonnons le moins parce que la vanité d'autrui choque la nôtre.
— Dans le mal que nous disons des hommes, n'entret-il pas le désir de donner à penser que nous valons mieux qu'eux ?
— Ce qui nous déplaît tant dans une personne contente d'elle-même, c'est qu'elle se passe de notre approbation.
— L'homme le plus heureux est celui qui sent le moins son malheur.
— Ne portez pas vos chagrins dans le monde car il se réunit pour se distraire des siens.
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— La volonté fait plus que le talent pour gouverner les hommes.
— Le pays le mieux constitué est celui qui n'a pas besoin d'hommes habiles pour le gouverner et où les institutions contiennent les hommes et non pas les hommes les institutions.
— Les fonctionnaires, en temps de révolution, sont plus occupés à se concilier le gouvernement qui arrive que de défendre celui qui s'en va.
— La reconnaissance qu'on témoigne pour un service rendu est un titre qu'on veut se faire pour en obtenir un nouveau.
— 11 est plus aisé de s'accommoder d'un homme ou d'un logement que de les accommoder à soi.
— Ecoutez celui qui déraisonne sur les affaires publiques, car vous saurez par lui l'opinion du plus grand nombre.
— La fermeté conserve les amis plus que la faiblesse ; on les perd souvent pour avoir trop craint de les perdre.
— Que d'événements dans la vie dont il semblait que nous ne nous consolerions jamais et dont nous avons perdu jusqu'au souvenir !
— Nous estimons trop les services que nous rendons et pas assez ceux qui nous sont rendus.
— Celui-là sera malheureux au pouvoir qui n'est ni assez corrompu pour être indifférent aux abus, ni assez courageux pour les réformer.
— Des ministres qui changent trop souvent sont un mal ; mais il y a quelque chose de pire : ce sont de mauvais ministres qui ne changent pas.
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— Il nous est plus aisé d'arriver au pouvoir que de nous y maintenir, par la raison que, pour y arriver, nous sommes aidés par les fautes de nos adversaires et que, quand nous y sommes, ils ont le même avantage sur
nous.
— Vous vous plaignez qu'Alcippe dont vous aviez acheté le suffrage s'est vendu à vos adversaires ? C'està-dire que vous vouliez qu'il fût à la fois vénal et incorruptible.
— Après chaque révolution, ceux qu'elle a élevés à la fortune ou aux honneurs ne comprennent pas qu'on puisse en désirer une autre.
— Le monde est indulgent pour la prodigalité et malveillant pour l'économie. Il aime mieux un vice dont il profite qu'une vertu qui ne lui sert de rien.
— Il y a plus de gens malheureux par le manque du superflu que par celui du nécessaire.
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ABEL DUFRESNES
Abel Dufresnes, magistrat et écrivain français, naquit à Etampes, en 1788. Il fît à Paris ses études de droit. Avocat, puis juge-suppléant au Tribunal de la Seine, pendant les Gent-Jours, il fut destitué lors de la seconde rentrée des Bourbons. Dufresnes s'occupa alors exclusivement de peinture et de littérature. Outre ses Pensées, maximes et caractères l, il a laissé divers ouvrages d'inégale valeur : Le monde et la retraite (1817) ; Samuel d'Harcourt (1820) ; Contes à Henriette (1822) ; Nouveaux Contes (1824) ; Leçons de morale pratique (1826) ; L'art de fixer les souvenirs (1840) ; Contes à Henri (1854) ; Le Livre des pauvres (1854). Dufresnes mourut en 1862.
— Les bonnes résolutions sont les protestations de l'amour-propre.
— J'ai fait des livres : illusions ! On les a critiqués : misanthropie ! Je les ai relus : indulgence !
— Le malheur des maximes c'est qu'on les fait pour les autres et rarement pour soi.
1. Pensées, maximes et caractères, par Abel Dufresnes. Paris, Urbain Canel, éditeur, rue Saint-Germain-des-Prés, n° 9, 1826, avec cette épigraphe : *
On trouve des pensées dans son cœur ; on en cherche dans son esprit.
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— Peu do femmes, dans l'Age de plaire, vous tiennent compte de la simple amitié.
— On trouve des pensées dans son cœur ; on en cherche dans son esprit.
— Les belles âmes ont toujours assez d'esprit.
— Une pensée vraie n'est jamais neuve que par l'expression : il n'y a pas de vérité qui n'ait passé plus ou moins confuse par l'esprit de l'homme.
— Passer pour discret en amour, c'est déjà manquer de discrétion. L'homme discret est celui que l'on croit insensible.
— Le bonheur n'est qu'un vœu.
— Pour réussir dans le monde, il faut savoir ménager tous les amours-propres et cacher le sien.
— La nullité suit la mode, la prétention l'exagère, le goût pactise avec elle.
— L'ennui est la maladie des gens heureux : le malheur ne s'ennuie jamais, il a trop à faire.
— La meilleure punition de la fausse modestie, c'est d'être prise au mot. L'honneur de passer pour modeste ne compense jamais le chagrin d'être jugé médiocre.
— On aime un peu moins l'homme qui réussit et l'on s'en rapproche davantage.
— On dirait que la louange est une dépense qui appauvrit.
— Les grandes douleurs sont muettes. Le besoin d'épanchement ne commence qu'à la mélancolie ; c'est le premier signe de convalescence.
— « Tarie. De quoi te plains-tu? » disait le vizir Mahaseb à l'un de ses esclaves dont il venait de faire couper la langue.
— Indulgence I conclusion de toutes choses.
— Les regrets n'avancent à rien ; s'y livrer, c'est perdre le temps présent pour un passé qui n'est plus à. nous.
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Docteur en médecine, poète et auteur dramatique. Léonard Cheverry. qui sig:na Joseph Léonard ses pensées \ naquit à Rochefort le 6 novembre 1795 et mourut à Yic-en-Touraine le 5 août 1S{<|. Parmi ses œuvres nous citerons : Poème de Lulzen. Paris. 1813. in-S ; De la médecine morale. Paris. 1820, in-4° : Début poétique. Paris. 182.3. in-18° : Une scène de Vautre monde. Paris. 1821, in-8° : Histoire de la Champagne, 2 vol. in-12 ; L'Enthousiaste, comédie en 3 actes et en vers, Paris, 1827. in-S°.
— Les mots sont à tout le monde, les pensées sont à ceux qui les trouvent.
— Une beauté littéraire doit pouvoir se traduire dans toutes les langues sans être sensiblement altérée. C'est cette loi sévère, favorable aux pensées, qui relègue les meilleurs jeux de mots au nombre des farces.
— On ne marie pas un homme raisonnable, il se marie.
— L'homme passe la première moitié de sa vie à ruiner sa santé et l'autre moitié à la rétablir.
1. Joseph Léonard. Début poétique ou choix de Poésies diverses suivi de Pensées. Paris, lb23, in-18, avec cette épigraphe ; rvwOt
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— Beaucoup de gens, après avoir trouvé le bon, cherchent encore et trouvent le mauvais.
— Les hommes se donnent, pour acquérir la fortune, beaucoup plus de mal qu'il ne leur en faudrait pour s'en passer.
— On doit toujours avoir une provision de lieux communs pour se défendre des indiscrétions dans le commerce du monde.
— L'homme se lasse d'abord du mal et puis, un peu plus tard, du bien.
— C'est faire le plus grand des excès que de n'en faire aucun.
— Il ne manque à certains hommes, pour être heureux,, que d'avoir la conscience de leur bonheur.
— Les états qui fournissent aux besoins de la vanité n'ont jamais de morte-saison.
— C'est sans doute un jour de malheur qui fit connaître le premier grand homme.
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