‹ La pensée grecque et les origines de l'esprit scientifique ... 1923Chapitre 10 sur 117 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

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voir.en s'amusant ; la pensée de l'utiliser autrement, celle de s’asservir la nature pour des fins utiles, en mullipliant les effets obtenus en petit, n’a germé que bien lentement... Le rôle de ce mobile du divertissement dans le développement des sciences paraît bien effacé aujourd’hui, Mais qui éludieraïl, au-dessous des dehors convenus, la psychologie profonde du chercheur scientifique, reconnaîtrait sans doute que... la même impulsion agit loujours au fond de nos âmes (1). »

Mais ce jeu de l’esprit, cette activité qui s’empare de la nalure se sont exercés de façon plus relevée el plus pro/itable. Les besoins de la vie, malgré les préjugés et la force de la iradrlon, ont amené le progrès de certaines techniques, — telle la médecine (Hippocrate et les Asclépiades) (2) : et le génie de certains individus (Siraton, Euclide, Archimède, Ciésibius, Héron, Thucydide (3)...) a enrichi la connaissance positive.

Aristote, comme savant, a eu de irès hautes ambitions, mais une discutable influence. Il a voulu être encyclopédiste : or, son esprit systématique — malgré un souct irès vif d’information e! de méthode — devait tendre à imposer des solutions là où rl fallait laisser les problèmes ouverts. Par contre — mieux encore que Platon — il a ménagé aux spécialisies un cadre général. Il a inauguré cette conception de la science synthétique, de la science une, à laquelle les Scepliques donneron! un caractère nouveau, — puisqu'ils en feront prudemment un idéal inaccessible ou lointain (4).

Nous reprendrons, beaucoup plus fard, Phistoire des progrès

(1) TANNERY, revue générale d'Histoire de la Mécanique, dans la Rev. de Synth. hist., 4. ZV (1902), p. 198.

(2) Voir Ouvré, les Formes littéraires de la Pensée grecque, p. 467; MEYERSON, dans le Bulletin cilé plus haut de la Soc. fr. de Phil., pp. 95-97 (invention de la poulie, de la presse à vis, de l’astrolabe, de l’horloge à eau, elc.).

(3) TH. GOMPERZ, dans son grand ouvrage a insisié sur la coniribulion des historiens à la formation de l’esprit critique ‘et du savoir positif. — Sur la philologie el, d’une façon générale, l'espril scientifique des

Alexandrins, voir À. CROISET, dans l’Hellénisation du monde antique, p. 270, (4) Sur la science d’Arislote, voir GOMPERZ, ouvr. cité, pp. 89, 500.

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de laconnaïssance el nous retrouverons le problème du rôle de

la science (1). Il fallait souligner ici les origines de la pensée scientifique; il fallait marquer l’importancé de l’histoire des sciences; il fallait l’assimiler dans l’hisioire de la pensée humaine, dans l’histoire générale de la civilisation (2).

Cette hisloire de la pensée, sous ses divers aspecis, el en particulier celle de la pensée ancienne, esi singulièrement difficile à reconstituer. Un des grands mérites de ce livre, — qui répond bien à un caractère de notre œuvre, — c’est de ne pas dissimuler les difficultés, d insis?er au contraire sur les incertitudes el les lacunes. |

En présence de texles contradictoires, d’inlerprétahions divergentes, les meilleurs historiens de la philosephie comme

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