AVANT-PROPOS XI
des variantes — nous semblent moins résumer des efforts de groupes qu’affirmer des individualités. | Le suyet, en somme, et l’intérét profond du présent livre, c’esi de montrer l’affermissement de la pensée crilique, le rôle grandissant du penseur — qui apparaît au premier plan de l’histoire grecque. Etcomme L. Robin — nous l'avons dit — n’isole pas la pensée de la vie, pas plus des modalités diverses de la vie que de ses besoins profonds et permanents, tt faif voir la philosophie qui, passant de lPlonie dans la Grèce propre puis dans les colonies, subit l'influence des institutions el des mœurs, qui reflète les contingences mémes du tempéramen individuel et de la profession; mas il s'attache surlout à suivre, dans le champ lumineux de la conscience réfléchie, l’organisaiion interne et le progrès coniinu de la connaissance (1).
“+ Que la pensée en Grèce ait prisce caractèrénouveau, — qu'elle soit devenue spéculative, — c’est un des aspecis du miracle grec. 1l ne serait pas juste de rejeter ce terme, sous prétexte que la Grèce a reçu de l'Orient une bonne pariie de ses malériaux intellectuels : des mythes religieux, des connatssances praiiques, des procédés techniques. Rien ne naît de rien: comme l’a dit Lange, « on ne peut plus admettre un coniraste absolu entre l’originalité et la tradition. Les idées, comme les germes organiques, s’envolent au loin, mais ne se développent que sur un sol propice... La véritable indépendance de la culture hellénique tient à sa perfechon el non àses commencements » (2). Et A. Lalande, qui ciie ce passage, ajoute : « La pensée distincle n’est Jamais que le dernier anneau d’une longue chaîne de pensées obscures, de besoins er d’actions qui l’ont préparée. Toutcommence dans Pinconscients .
(1) Voir notamment pp. 42, 85, 104, 109, 15%, 158, 161, 442... (2) Histoire du Matérialisme, rad., 1. I, p. 444.