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LES ÉLÉATES : RAS CT + ADS
tée sous une forme trop élaborée pour qu’il soit possible d’y voir (1) une sorte de fiction dramatique où, sans exposer ses idées personnelles, Parménide expliquerait comment, par hypothèse, le Non-être pourrait être conçu, en tant précisément
que fausse apparénce. Peut-être est-il plus vraisemblable qu’il
ait exposé des opinions étrangères bien déterminées, soit celles des Pythagoriciens eux-mêmes (2) dont nous connaîtrions ainsi la physique, sur laquelle nous savons si peu de chose, soit une sorte de doxographie, préparatoire ou annexe à Penseignement de la doctrine (3) ; ce qui expliquerait des vestiges caractérisés des théories d’Anaximandre et d’Anaximène, et, inversement, l’absence de certains dogmes spécifiquement pythagoriciens.
Quoi qu’il en soit de cette question très débattue (4), on notera tout d’abord que la première erreur des mortels que Parménide a en vue, c’est d’avoir admis deux formes, dont Pune, dit-il (fr. 8, 53 sq), n’est pas nécessaire. Ce sont deux corps de nature absolument opposée : le Feu éthéré, sans violence, en {out semblable à lui-même, et la Nuit obscure, épaisse et pesante, seules désignations, entre beaucoup d’autres, qui soient parfaitement authentiques. Or, si le dessein de. Parménide eût été seulement de rationaliser la paysique en général, il est clair que le monisme ionien eût, à ses yeux de moniste, beaucoup mieux répondu à ce dessein. Il est donc problable que, en alléguant deux principes physiques, il a en vue une doctrine particulière, et il n’est pas impossible que ce soit le Pythagorisme, si l’on songe à la place qu’y tenait la théorie des oppositions. D’un autre côté, Parménide aurait, dit-on, rangé les deux principes, Pun du côté de lÊtre, Pautre du côté du Non-être (5). Or, puisque, dans la physique
(1) Avec IT, 723 sq. (tr. fr. 66).— (2) Avec LXX, 225 sq., et LXXI, $ 90, (3) Avec LKXXXKIIX, 63.
(4) Cf. la revue des interprétations par W. Nestle dans II, 729-732, (5) ArisToTE HMelaph., À 5, 985b 81 sqq. ; Gen. et Corr., 1 3, 318° 6, :
qu’il expose on met, sans s’en rendre compte, le Non-être dans PÊtre, il pouvait considérer ces faux principes comme des
dénominations extérieures où des symboles, dont un seul cor- :
respondrait au réel, tout en condamnant néanmoins l’erreur qui consiste à admettre une collaboration du Non-être avec l’Étre.
1] est probable que la génération des choses à partir de ces deux principes était présentée sous un aspect sexuel, comme une succession d’unions et d’enfantements ou de séparations, qui étaient rapportés à l’action de forces mythiques : une Déesse qui gouverne tout et qui distribue les sorts, assez confusément désignée sousle nom de Nécessité ou de Justice, et dont la place semble être au cœur du monde, comme celle du feu central dans le Pythagorisme ; puis l'Amour, e premier des dieux qu’elle a enfantés ; enfin, peut-être, la Discorde (1). Le système du monde, autant qu’il est possible de se le figurer exactement, rappelle à la fois les deux derniers Müilésiens et et le Pythagorisme, mais sans lantiterre. C’est un système de couronnes. Les unes sont sans mélange, c’est-à-dire toutes de feu ou toutes de nuit, juxtaposées deux à deux : ainsi, à la périphérie est l'Olympe exiréme, composé de l'enveloppe solide du ciel et du feu de l'éther qui, à son tour, enveloppe tout le reste ; an milieuest la terre, avec sa couronne solide et son feu central. Les autres sont mélangte:de feu et de nuit ° voie lactée, planètes, soleil, lune sont tour à tour des asp'rations, par la Nuit, d’abord du feu de l'éther, puis de ce qu’il y a d’igné dans la couronne immédiatement enveloppante, de sorte que tous les astres seraient des /oulages de few S'il a vraiment soutenu la sphéricité de la terre, il est possible que les couronnes fussent, dans sa pensée, des cercles de sphères (2). Mais la question est aussi délicate, en ce qui le concerne, que pour les Pythagoriciens.
Dans ce que la physique de Opinion disait des phénomènes
(1) Fr. 12,10 fin. Cf. LXVIJE, ch. 18, A 37.
(2) Cf. notamment fr. 10 sa. et Jbia., À 37 déb. et 44,