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LES ÉLÉATES 109
de la vie et de la pensée, on reconnaît les mêmes inspirations, et, en outre, celle d’Alcméon : recherches sur les origines de la vie, sur la détermination des sexes en rapport avec le chaud et lefroïd, sur la production de monstres, etc. (1). La connaissance, soit sous la forme fondamentale de la sensation, soit sous la forme du souvenir ou, ce qui est tout un, de la pensée, exige, pour être vraie, qu'il y ait, dans le corps sentant, un mélange bien proportionné de chaud et de froid, et, pour être pure, que le feu y prédomine. La prédominance du froid laisserait d'ailleurs subsister la sensation; car le cadavre perçoit le froid, le silence et sans doute aussi l’obscurité. La diversité des sensations, actuelles ou renaissantes, était expliquée par la convenance des effluves, qui apportent une ressemblance de l’objet, avec les pores du sujet sentant, celui-ci exerçant en outre une action propre, car il y a dans l’œil des rayons qui touchent, comme avec la main, le; choses extérieures (2). Enfin la destinée de: âmes était peut-être exposée dans l’esprit de la doctrine pythagorique (3).
Cette physique de l'illusion. sert déjà à définir la position de Parménide dans l’histoire de la pensée. IL y a plus. S’il n’eit pas idéaliste, du moins, par sa conception du réel des. physiciens, il a ouvert la voie à la philosophie des Idées. Ensuite, en posant comme règle de la pensée le principe de contradiction, fondé lui-même sur la loi de l’être, il a été l’initiateur de l’ontologie spéculative, et, plus généralement, de, toute philosophie rationaliste. Enfin, par l'ivresse logique et la passion des gageures. dialectiques qui accompagnent chez lui cette découverte, il a tout de suite donné au problème du rapport del’être avec ses déterminations la forme la plus aigué et la plus propre à stimuler la réflexion. À
(1), Er. 17 sq et Jbid., À. 51-54, — (2) Fr: 16 et À 46-48, . (3) Fr. 13 avec son contexte.