‹ La pensée grecque et les origines de l'esprit scientifique ... 1923Chapitre 6 sur 117 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

balaye, pour bien des siècles, le travail de la raison grecque. « L’infini, qui, pour Plaion comme pour Arisioie ou pour les S'ofciens, était la marque de l’irréalité ou de la résistance à lordre de la raison, devient pour Plotin la puissance la plus pleine et la plus parfaite du mor (1). »

Mais la pensée grecque « renaîtra ». « Les problèmes que se sont posés en philosophie les vieux penseurs de la Grèce, ce sont, dit justement Léon Robin, des problèmes éternels » (p. 5). Krpa eïs &et, à eux ausst s'applique la formule de Thucydide.

Dans celte: évolution intellectueile, quel rôle a joué la science P — Au début, philosophie et science ont été mélées. Leurs solutions, les philosophes les essayent en recueillant, de façon plus ou moins consciente, le savoir de leur temps ; mais ils dépassentce savoir dans leur besoin de lou! expliquer. Par Pexcès de leurs prétentions et par l’embarras de leurs contradictions, la pensée aboutrt, soit à l’abdication de la raison devant la foi, soil à une prudente soumission de la raison à l’expérience. On ne saurait exagérer, nous semblet-il, l’importance des sceptiques grecs — qui nient la scrence, surtout parce qu'ils s’en font une idée trop haute — ef en parliculier des sceptiques empiriques, qui sont, comme l’a moniré Brochard, les positivistes de lantiquité. « Si les anciens scepliques pouvaient revenir, ils seratent, a dit leur historien, de fervenis apôtres du progrès (2). »

Quoiqu'il présente la philosophie et la science dans leurs rapports constants, L. Robin fait entre l'histoire de l’une ei celle de l’autre une distinchon où apparaît le philosophe.

(1) ROBIN, p. 444.

(2) Les Sceptiques grecs, p. 416. Sur le rôle du scepticisme, voir H. BERR, la Synthèse des connaissances et PHistoire, p. 25, ei An jure inter scepticos

. Gassendus fuerit numeratus, p. 89,

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