‹ La pensée grecque et les origines de l'esprit scientifique ... 1923Chapitre 7 sur 117 · XVI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XVI AVANT-PROPOS

« L'histoire de la philosophie, déclare-t-1l, c’est la philosophie méme: elle a pour le philosophe un intéréf éternellement vivant. L'histoire de la science, au contraire, ce n’est plus la science :c’en est le passé, ce qu’il y a de mort dans son effort vers la vérité, ou bien l’effort oublié quand le but est aïteint. Cette histoire satisfait donc la curiosité de l’érudit, mais non, comme l’autre, les besoïns les plus généraux et les plus profonds de la pensée » (p. 5). Nous croyons que, du point de pue qui est le nôtre, — l’évolution de l'Humanité ei, en particulier, le progrès du psychisme dans l’évolution humaine, — l’histoire de la science n’est pas une chose morte, une curiosité d’érudit. Non seulement elle reproduit l’adapiation de l'esprit aux choses et la prise de possession par l’homme de son milieu, mais elle fait suivre la constitution d’une méthode destinée à résoudre les problèmes que se pose l’esprit, et qu’il prétendait trancher dans la religion d’abord, puis dans la métaphysique. La science amasse peu à peu des matériaux postiifs qui permellent de soumeïtre à l'épreuve les vues a priori de lesprit : elle est bien un organum, l’instrument de résolution des problèmes philosophiques. L'histoire de la scrence est nécessaire à l’histoire de la pensée, parce que l’instrumeni du progrès de la pensée, c’est la science (1).

Dans les volumes précédents, nous avons vu le besoin d‘étre, le principe logique, inhérent à la vie, se nourrir des représenlalions des choses, permettre l’anticipation des phénomènes, créer un savoir intiial, — qui est vécu. Nous avons vu

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des lechniques diverses se constiluer, qui impliquent un *

savoir accru, mas pratique. On verra ici — nous l'avons

dit — les Grecs réfléchir sur les techniques, créer les méthodes, s’élever à la méthode générale de la déduction, l'appliquer enfin — parce qu’il y avait là un jeu de la

(1) Voir ma Synthèse en Histoire, pp. 188 et suiv. ; Peut-on refaire l’Unité morale de la France ? p. 104; A. GEORGES-BERTHIER, l'Histoire des Sciences en France, dans la Rev. de Synth. hist., 4. XX VIII (1914).

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