‹ La pensée grecque et les origines de l'esprit scientifique ... 1923Chapitre 65 sur 117 · L'ANCIENNE ACADÉMIE · texte numérisé non relu

L'ANCIENNE ACADÉMIE

de vue, il l’interprétait d’ailleurs comme une évolution dans le temps, ou /a quantité en mouvement ; évolution dont la puissance est dans les principes, dont l'agent est l’âme du monde, dont la perfection de l’être est le terme : le Bien n’est donc plus quelque chose qui est, mais il devient et se fait.

Plus orthodoxe peut-être, la philosophie de Xénocrate est cependant comme la caricature de celle de Platon. L’image qu’il en a donnée n’en retient pas en effet l’esprit subtil et nuancé; elle n’en rend que la lettre, durcie et épaissie en formules d’école : telle la célèbre définition, d’après laquelle la substance même de l’âme est un nombre qui se meuf sotméme. La recherche de Pordre hiérarchique et des degrés intermédiaires, si influente sur la pensée du vieux maître, se fige chez son élève en un schématisme artificiel, où abondent les divisions ternaires. D’autre part, bien qu’il ait, on a vu, considéré la fabrication du monde dansle Tmée comme un artifice, destiné à marquer l’ordre des parties dans ce qui a éternité du mouvement et du temps, il n’en est pas moins, pour son compte, tout plein de mythologie.

En machinant cette scolastique du Platonisme, Xénocrate en a, pour longtemps et jusqu’au Néoplatonisme, fourni aux érudits une représentation qui leur semblait fidèle. Ainsi s'explique en partie l'influence considérable qu’il a exercée et dont l’ancien Stoïcisme porte la marque. Maïs il a dû aussi l’autorité de son nom à laustère élévation de sa morale, où se reflétaient la gravité et la noblesse de son caractère.

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