‹ La pensée grecque et les origines de l'esprit scientifique ... 1923Chapitre 70 sur 117 · I, 6, 7 ; LV (VI · texte numérisé non relu

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dans Pordre de la spéculation, ce sont les mathématiques. Mais il ne semble pas qu'Aristote, dont l'esprit est orienté plutôt vers la logique du discours et,soit vers l’érudition scientifique, soit vers la spéculation proprement philosophique, y ait eu la même maîtrise que Platon. Au reste, quoiqu’il les utilise assez souvent, c’est pour leur demander des exemples ou le moyen de présenter, avec une apparence extérieure de simplicité, les résultats d’une analyse empirique. Adversaire du mathématisme de Xénocrate, il s'intéresse davantage à l’objet même des mathématiques, auquel, d’après un de nos catalogues, il avait consacré un livre. En tout cas, letraité Des lignes insécables de notre collection n’est pas de lui, maïs de Straton ou de Théophraste. Quant à nos Mécaniques, peut-être sont-elles louvrage même d’Aristote, que mentionne Simplicius à côté de Livres géométriques. Sans doute, les parties-physiques des mathématiques, optique, harmonique, astronomie, lintéressaient-elles surtout. Il a sûrement écrit sur la dernière et son neveu Callisthène avait été, dit-on, chargé par lui de recueillir les tables astronomiques des Babyloniens.

A. La physique. — L'unité de la physique aristotélicienne admet sans peine qu’on y distingue une étude théorique et générale de la nature, puis une étude analytique et spéciale des êtres de la nature, et qu’on sépare enfin dans cette dernière les êtres animés, ou vivants, de ceux qui ne le sont pas.

Au premier objet répondent les huit livres de la Physique, les quatre premiers souvent désignés par Aristote comme un traité Des principes, les autres comme un traité Du mouvenn (le septième semblant toutefois, avec sa double version,

‘être qu’une rédaction d’école, introduite dans la collection 2 « leçons »}; puis les deux livres De la génération et de la corruption. Le point de vue général de ce dernier ouvrage se retrouve dans la seconde moitié du traité Da ciel, en quatre livres, dont les deux premiers traitent au contraire spécialement des astres, et aussi dansles livres I-III des Méféorolo-

giques, tandis que le quatrième, parfois attribué à Straton, concerne spécialement la physique terrestre. Notre collection renferme en outre plusieurs écrits, dont quelques-uns au moins peuvent dériver indirectement d’Aristote, mais qui sont certainement apocryphes : Du monde, œuvre qui date probablement de la fin durersiècleavant Jésus-Christ, et dont l'intérêt est qu’elle porte visiblement la marque de l'influence de Posidonius ; Du souffle (rept nveiparoc); Sur les positions et les noms des venis ; Des couleurs ; Des qualités des sons ; les Problèmes, Rite de deux cent soixante-deux « pourquoi », suivis de réponses multiples, et dont tous ne concernent pas la nature : les Histoires merveilleuses, le plus ancien échantiilon de ces traités où on rassemblait par classes des faits rares, considérés comme d’inexplicables « paradoxes » de la nature,

a. Principes généraux de la physiqu:. — La notion fondamentale de la physique est ia notion de nature, physis. Ce n’est pas une âme, et pourtant c’est bien quelque chose d’analogue, un principe en vertu duquel, essentiellement ou immédialement, certaines choses commencent ou cessent d’ellesmêmes des mouvements et des changements. La nature est un art spontané, immanent à l’étre qui en est à la fois Le sujet et l'agent (pyn ëv adrÿ % «ôré), et sans qu’il y ait besoin d’une cause distincte et exlérieure (&pyn ëv EX) : quelque chose comme un médecin qui se guérirait lui-même, avec cette diffé. rence toutefois que la réunion de l’état morbide et de l’action curative est alors purement accidenielle, et non essentielle à Pêtre en question (1). Ce qui distingue surtout la nature aristotélique de celle des Physiciens, c’est qu’elle n’est pas seulement matière, sujet informe et siège nécessaire des déterminations futures : elle estaussi et surtout forme, inséparablement de sa matière comme la camardise à l’égard du nez, et fin, une essence qui exige et réalise son propre achèvement. Guie

(1) Par ex. Phys. IL, 1, tout le début. Helaph., À, 3, 407047 sq.

Part humain, la nature est en effet pensée dirigée vers une fin (rd Évexx tou xa &nd duavoias), providence (xocovooÿsa) sans délibération ni choix, finalité par attrait d’un bien à venir et qui est pourtant antérieur selon l’ordre de lêtre. Dans son œuvre rien qui soit en vain (uérny), rien qui soit un à-côlé ou un épisode sans lien avec le reste, qui soit manque, ou absence de mesure; car, ayant le bien pour fin, elle répugne à l’infinité (1).

Le mouvement qui, pour tous les êtres existant par nalure (gÜce), est comme une vie immortelle et incessante, ce n’est pas seulement le mouvement au sens strict ; c’est tout passage naturel d’un élat à un autre, tout changement (ueraBolt). Or un tel passage suppose une malièré capable d’être l’un et l’au're de ces états : le changement a donc lieu de ce qur est en puissance (ôvver) à ce qui est en acte (èveoyeia). Plus précisément, le changement ou le mouvement sont un acte :mparfait, Pacte même de ce qui est en puissance, en lant que cela esi en puissance : ainsi, tant que la bâtisse se fait et n’est, pas achevée, les mouvements ont lieu, qui changeront en réalité la possibilité d’une bâtisse. Le mouvement suppose donc, etun mobrle, dont il «actualise» la mobilité, et un moteur, moteur intérieur au mobile dans le cas du mouvementnaturel, objet de la physique. Autrement, en effet, le mouvement est contre nature ou forcé. Ce n’est pas à dire que parfois, ainsi pour la tendance, conforme cependant à la nature, des corps pesants vers le bas, une cause extérieure ne soit pas nécessaire pour écarter les obstacles qui contrarient ce mouvement. Il n’en est pas moins vrai que, dans toute chose mue, il ya toujours, etune privation du mouvement de fait à côté de la possibilité d’être mue, et une forme immanente, véritablement rmmobile, qui s’appelle moteur, parce que c’est elle qui fait de cette virtualité de mouvement un mouvement réel. Par conséquent

le mouvement n’est rien à part de ce composé de matière et de €

(1) Phys. Il, 2, 194a 12-44 ; 5, 196b21 sq. ; 8, 1992 502, De caelo, LI, 4 fin ; 9, s. fin.: 11 s. in., etc

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