SPÉCIALISATION SCIENTIFIQUE. ÉCLECTISME. RESTAURATIONS
Une immense période de près de quatre siècles, voilà l'objet de ce court chapitre. C'est que, si l'importance en est grande pour notre documentation et pour le progrès des sciences, elle est faible pour le développement de la pensée philosophique. Tandis que, d'une part, la spécialisation scientifique s'accentue, la rationalité naturelle de l'ancien esprit grec cède de plus en plus à l'invasion croissante des superstitions orientales. Ce qui lui reste de vigueur, il l'emploie à ruminer son passé, ou bien à le brouiller en une soi-disant philosophie éternelle, pure négation des efforts individuels des penseurs, ou enfin à le ressusciter sous une autre figure. Certes, il y a encore dans cette période des personnalités remarquables, mais plutôt par l'intensité du sentiment moral. La pensée grecque, comme telle, a épuisé ses facultés d'invention : elle devient cette chose impersonnelle qu'est la science, ou bien elle tend à s'abîmer dans une trouble religiosité.
Il ne peut être question ici que de marquer par quelques noms les principales étapes ou directions du mouvement scien-