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ÉCLECTISME

Adam et, au-dessous, les Anges, puis le souffle de Dieu, enfin les puissances, par lesquelles il se met plus complètement encore à notre portée. Se ïransformer par le moyen de l'ascétisme et surtout du culte intérieur, c'est s'élever, en sortant de soi (extase), jusqu'au médiateur suprême, le Verbe ou la révélation de Dieu. Or, chercher ainsi dans la conscience religieuse et en vue du salut le principe réel d'une explication des choses, c'est une nouveauté étrangère à la pensée grecque. Issue des religions à mystères, plus que du Judaïsme, cette nouveauté s'installera dans l'hellénisme avec la diffusion croissante des cultes orientaux.

A l'éclectisme est unie cette œuvre de compilation et d'exégèse, dont il a été déjà question à propos des sources, et qui est celle des faiseurs de « manuels» et des commentateurs de Platon ou d'Aristote. Ces derniers sont les dépositaires de la tradition des écoles, les Péripatéticiens avec plus de fidélité, les Platoniciens naturellement enclins, en présence d'une doctrine mal fixée, à y introduire des éléments étrangers. Ainsi, au milieu duiet siècle de notre ère, à Alexandrie, Potamon, qui passe pour le père du Platonisme éclectique ; Plutarque de Chéronée (environ 50-125) ; puis, dans la seconde moitié du 11e siècle, les Sophistes Maxime deTyr et Apulée de Madaure, et, un peu postérieurs, le médecin Galien, Celse dont la virulente réfutation par le chrétien Origène permet de reconstituer en partie le Discours vrai, Numénius d'Apamée, celui qui retrouvait Moïse derrière Platon ; ou encore Albinus et le soi-disant Alcino&s dans leurs expositions du Platonisme. Tous ces hommes, ou bien interprètent Platon dans un esprit théosophique et à la fumeuse lumière des mystères orientaux, usant de la méthode allégorique et l'encombrant d'astrologie, de démonologie et de magie ; ou bien, à tout le moins, ils le rapprochent, les uns du Péripatétisme, d'autres du Stoïcisme, d'autres encore, comme les premiers Apologistes, du Christianisme. Ainsi se prépare la renaissance néoplatonicienne.

LE DÉCLIN DE LA PENSÉE GRECQUE

Longtemps avant elle, le Néopythagorisme avait prétendu ressusciter l'enseignement secret de Pythagore. Le fondateur en fut, dit-on, P. Nigidius Figulus, contemporain de Cicéron. Mais les représentants les plus notables, ou les mieux connus, de ce mysticisme arithmologique, fortement teinté de Platonisme et de Stoïcisme, sont, au Ier siècle après Jésus-Christ, Apollonius de Tyane, dont Philostrate, dans un extraordinaire roman biographique, a opposé la personnalité miraculeuse à celle du Christ, Modératus de Gadès et, au u* siècle, Nicomaque de Gérasa, l'auteur de Y Introduction arithmétique. Ce qu'il y avait, d'autre part, d'ascétisme moral dans le vieux Pythagorisme paraît avoir inspiré une variété mal connue du Stoïcisme cynique, créée à Rome, à peu près au même temps- que le Néopythagorisme, par Quintus Sextius et son fils. L'école sextienne dura peu. Un de ses maîtres mérite d'être nommé, Sotion d'Alexandrie, dont l'enseignement a profondément agi sur l'esprit deSénèque. Celui-ci avait en outre étudié le Stoïcisme auprès d'Attale et connu, peut-être par lui, les maximes morales les plus nobles de l'Épicurisme. Ce sont ces influences combinées qui donnent son caractère particulier à ce Néostoïcisme dont Sénèque a été l'initiateur. Si on laisse de côté les Questions naturelles, simple compilation, il apparaît moins chargé de physique et surtout de dialectique ; il montre souvent, non sans quelque emphase, un vif sentiment de l'obligation morale et de sa valeur religieuse. Un peu plus jeunes que Sénèque, sont L. Annaeus Cornutus, auquel se rattache Perse et qui écrivit en grec, puis Musonius Rufus, qui semble avoir voulu revenir à la primitive tradition zénonienne, ou plutôt à ce cynisme épuré dont Ariston de Chio avait été le défenseur. Mais la réelle grandeur de Musonius a été éclipsée par Épictète le Phrygien. Le Manuel, sinon les Entreliens (Diatribes) recueillis par Arrien dans l'école d'Épictète à Nicopolis, enfin l'admirable méditation de Marc-Aurèle Sur lui-même, sont des œuvres dont le contenu est passé par tant d'intermédiaires

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