‹ La pensée grecque et les origines de l'esprit scientifiqueChapitre 54 sur 89 · RESTAURATIONS · texte numérisé non relu

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dans la conscience moderne qu'il suffira de les avoir situées.

Le sentiment élevé de la vie spirituelle qu'on trouve chez ces derniers représentants du Stoïcisme est d'inspiration religieuse. Mais ce sentiment découle d'une conception rationnelle de l'univers. Cette conception, qui était essentielle à la pensée grecque, s'efface au contraire de plus en plus, à mesure des progrès, favorisés par le pouvoir impérial, d'une religiosité qui renverse l'ordre des valeurs anciennes, et qui met au service d'un mysticisme confus le vocabulaire de l'ancienne philosophie, en ie vidant de son sens. Ce ne sont pas seulement les cultes qui, par leur multiplication et par leur conjonction, traduisent la déchéance profonde de la pensée rationnelle. Cette déchéance a des expressions philosophiques : ainsi le syncrétisme religieux du prétendu Hermès Trismégiste {le trois fois grand), dont le livre paraît être du m6 siècle ; ou encore la doctrine des Gnostiques, qui, née à Antioche au 11e siècle, se répand surtout parmi les Chrétiens, et qui sera combattue par Plotin (Enn.y II, 9), dont le mysticisme est, on le verra, d'une tout autre essence. Avec son Piérôme et les générations de ses EonSf la Gnose, qui se réclame de Zoroastre, ramène la pensée grecque à dix siècles en arrière, vers les plus fantastiques cosmogonies. La révélation a supprimé l'effort de la raison.

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