‹ La pensée humaine, ses formes et ses problèmes;Chapitre 22 sur 60 · Traduction française, vol. II, p · texte numérisé non relu

Traduction française, vol. II, p

d'espèce. Aussi, pour ce qui est des autres espèces de jugements (les jugements problématiques et hypothétiques par exemple), on pourrait montrer que ce sont des raisons basées sur la langue et non purement des raisons basées sur la logique qui conduisent à faire entre eux une distinction. Le nombre de douze fixé par Kant est, par conséquent, aussi peu fondé que celui de dix déterminé par Aristote A.

Il est au contraire d'un grand intérêt que Kant lui-même démontre que toutes les catégories ont un caractère commun, le concept de continuité qui apparaît sous deux formes, dans le concept de quantité et dans celui de cause. Le concept de quantité comprend des concepts qui regardent l'étendue dans le temps et l'espace, et celui de la quantité intensive (mesure), tandis que le concept de causalité, en plus du rapport de causalité môme, comprendaussi les concepts de possibilité, de réalité et de nécessité.

On peut tracer, de la théorie Kantienne des catégories, ce schéma :

Le concept de continuité se rapproche de celui de synthèse. Car plus la connexité des sujets ou des éléments est étroite et plus il y a entre eux de chaînons intermédiaires, plus la synthèse est étroite et parfaite. Kant conclut de sa théorie des catégories, la loi fondamentale suivante : « Ne rien admettre, dans la synthèse empirique qui puisse interrompre laconnexité continue de tous les phénomènes ; car seulement ainsi est possible l'unité de l'expérience où toutes les observations ont leur place2. » L'expérience est pour Kant l'ensembledans lequel chaque sujet particulier est un membre déterminé par les autres membres. Et l'expérience, en ce sens, ne devient possible

1. Voir ce qu'avait dit, il y a bien longtemps, G.-E. Schulze dans sa Kritik der Theoretischen Philosophie (1801), II, p. 291-333.

Page 1