RL RP PS PP PP PP PP PP PP PP PS PR LA DISCIPLINE DE L'INVENTION
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yeux de qui accepta l'épreuve : la description des spirituels est exacte, et l’analogie étroite. Il ÿ a en effet de la passivité dans l'intuition (1). Celle-ci dépasse la conscience distincte. Elle reste parfois inaperçue au moment même où cependant elle féconde l'esprit et lui donne de nouvelles forces avec une puissance nouvelle de lumière dont témoigne le développe ment du discours ultérieur. La simplification correspondante nest donc pas un vide ; et ce n'est pas davantage un sommeil : si elle fait taire les activités de surface, elle délivre du même coup uné activité plus profonde.
Car, — et voici le second trait, — aux constatations de passivité, une contre-partie correctrice doit être jointe. L’analogie même de la contemplation mystique nous y invite. Cette contemplation ne semble passive, par contraste, qu’à l’homme de discours, qui ne sait rien au delà du sensible et du notionnel, qui n a donc point connaissance expérimentale de la vraie spiritualité. Dans le secret de celle-ci, peu de gens pénètrent, parce que, seul, un intense recueillement y introduit, une « purgation » des activités communes et savantes, un arrêt devant lequel trop souvent on recule comme devant une mort, bien qu'ilouvre les sources d'une vie plus haute et plus efficace. En réalité, la x30apsuc d’Aristote et de Plotin, la purification dé conscience qu'invoquent tous les mystiques en chœur unanime, cette montée intérieure de silence prépare non une paresse ou un sommeil, mais l'émergence et l'épanouissement d’une activité de fond, d'ordinaire imperceptible parce que trop simple et calme. Elle n'abolit que le discours tumultueux, dispersant, toujours plus ou moins superficiel, des
(1) Au sens où les docteurs de l’oraison parlent d'états passifs,
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actes morcelés ; elle y substitue le règne d’un « état » au sens bérullien du mot, c’est-à-dire —- en meilleurs termes — une
action d’« adhérence » immédiate à l'intimité de son objet (x). Eh bien ! Tout de même, c’est activement qu'on passe à l'état de simplicité intuitive. Là aussi joue une véritable xd 0æpo1s, libérant une vieplus profonde jusqu'alors offusquée; là … aussi, à travers certaines apparences de repos inerte, ce quelle … déclenche est une activité authentique, bien que supérieure aux . puissances d'analyse ; et même, — sans nul mélange, cette fois, — les éclairs de « pensée pure », c'est-à-dire d’intuition, qui en résultent, sont moins des sentiments passifs de présence que des actes d'union, de participation savoureuse au réel, directement possédé par delà toute forme de discours.
Bref, dans les deux cas, — contemplation du mystique ou … intuition de l'inventeur, — la réalité vécue offre des traits. ë analogues : éveil d'une puissance d’action plus profonde que l’usuelle, si profonde qu'elle en reste imperceptible d’abord. C'est que, dans les deux cas, il s’agit du passage d’un moi de surface à un moi plus intérieur, inconnu de la conscience banale et, pour elle, obscur, mystérieux. Infra-conscience ? Non pas ; mais, bien plutôt, supra-conscience. Il existe en … effet une telle zone de pensée, que les mystiques appellent fine pointé ou centre de l'âme et que nous retrouvons ici, mutalis » mutandis. Pour montrer que cette existence n’est pas douteuse, quoique souvent méconnue des psychologues et des mora= listes (2), je ne puis invoquer sans doute que le témoignage de
(: ) Sur le sens précis de ce langage, voir: H. Bremonn, Histoire liltéraire du sentiment religieux en France, tome III en particulier. :
(2) Il faudra bien que les uns et les autres en viennent à l'explorer : méthodiquement, car les explications suprêmes sont là, Plusieurs signes font
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