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manière au souci de la vérité je ne sais quelle considération de commodité ou utilité d’ordre inférieur, Il refuse de faire intervenir dans la détermination des vérités un motif quelconque étranger ou hostile, indifférent ou contraire à l'idéal de la vérité. Il voit seulement dans la fécondité d’une théorie un signe de sa vérité, dans une fécondité qui, d’ailleurs, doit être homogène chaque fois à l’ordre de pensée où la théorie évolue ; puis il proclame que seule nous renseigne à cet égard une expérience effective, une expérience qui soit non seulement discourue, mais agie, où l’on mette pratiquement la main à la pâte. L'idée vraie, c’est donc bien l’idée qui « paie », qui « rend », qui « travaille » efficacement, fructueusement, mais à condition d'entendre tout cela dans le domaine du savoir, non de l’industrie, ni même du sentiment ou du réconfort moral; c’est l’idée conçue comme projet, cemme plan de campagne, et qui tient ce qu’elle avait promis, qui triomphe dans l’action même qu'elle dictait. Peu importent les noms de systèmes, Que si toutefois on veut ici les employer, disons en finissant que notre théorie de la vérification aspire à une synthèse intuitive de l'intellectualisme et du pragmatisme, sous l'influence médiatrice d’un rapprochement opéré entre les disciplines de l’ordre critique et de l’ordre spirituel.
de vérification qui lui correspondent : telles furent les pri pales étapes du chemin jusqu'ici parcouru. On a dit sou que ces conduites vont — de propos délibéré ou sans le vo loir — contre l'intelligence, contre la raison. Je souhaite qu: le lecteur ait bien vu la vanité de pareils dires, et qu'ils sup- posent étroitesse dans la manière de définir l'intelligence ot
pli. Un point cependant reste encore à élucider. Quelle vale quelle portée, quelle puissance de pénétration convient-il reconnaître aux démarches de retour vers l'immédiat? PI
dualité Objet-Sujet. Tout suggère de conclure ainsi. Mais qu ce soit à juste titre, il ne nous a été possible que de l’entre voir : et, sur les moyens pratiques d’une si audacieuse asce sion, rien non plus n’a été dûment précisé. Voilà donc le pro blème qu’en fin de recherche nous allons maintenant essayer de résoudre. Je crois d’ailleurs qu'après les résultats préc
Depuis la prime aurore des siècles de pensée, un immortel désir, malgré les déceptions renaissantes, pousse l'esprit humain à vouloir pénétrer de son regard l’obscure intimité des êtres et de lui-même. Connaître ce qui est tel qu'il est,
caractères les plus constants, une des tendances les plus ermes que manifeste le mouvement séculaire de la recherens
“réalité, Mais quelle signification précise offrent ces mots ? Comment définir les notions de réalité absolue, de connaissance absolue ? Telle est, avant toute autre, la question à xaminer.
Le terme relativité, dans l'expression classique « relativité de ie le la connaissance », comporte deux sens distincts, apparen- Le tés sans doute et d'assez près, dont il est cependant essentiel # d'éviter la confusion. Ce terme peut signifier d’abord que seules sont connaissables par l'esprit humain les relations des choses les unes aux autres, non pas les choses elles-mêmes. En ce sens, nous ne saisirions jamais rien d’absolu, c'est-à-dire aucun être indépendamment du tissu de relations dont il mar-
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de chaque objet que ses points d'attache avec ce qui n’est pas lui. Mais au moins ce qui nous resterait alors accessible, j'entends le système des relations, peut-être serions-nous en état de le connaître absolument, tel qu'il est en soi, sans rien d'’erroné, de partiel ou de symbolique.
Le second sens du mot « relativité » nous met dans une perspective un peu différente, [Il correspond à cette idée que, de quelque élément de pensée qu’il s'agisse, chose ou relation, nous n'en pouvons percevoir ou concevoir jamais que l’écho dans le sujet, écho nécessairement conforme à la nature de celui-ci ; et le sujet, à son tour, ne ferait pas exception à cette loi, n'étant pour nous qu’une sorte d'objet encore, dont ne nous serait donné que le phénomène, l’apparence, la réfraction à travers une atmosphère de sensibilité déformante. Cette fois, iln'y aurait pas de différence fondamentale entre ce qu'on appelait absolu et relatif dans le premier cas. Mais, qu'il soit question de l’un ou de l’autre, nous ne pourrions jamais rien connaître absolument, c'est-à-dire tel qu'il est en soi, par delà les formes dont nous le revêtons pour le saisir : nous ne le -connaîtrions qu'en fonction de ce que nous sommes. Le sujet serait ainsi comme un point de vue auquel notre connaissance démeurerait inséparablement liée, si bien que toujours elle ne parviendrait à traduire du réel que ce qui en apparaît de ce point de vue ; et cette traduction, de plus, serait inévitablement écrite en symboles de subjectivité sensible. Une cause d’illusion s’imposerait donc à nous sans échappatoire possible, inscrite dans la structure même de notre-esprit. Il serait vain, il serait chimérique de prétendre nous en affranchir, puisque connaître signifierait alors voir à travers certains cadres ou certains systèmes optiques inhérents à notre vue.
CONNAISSANCE ET RÉALITÉ ABSOLUES 22h
En contraste avec la double notion de relativité, voici maintenant comment se présente l’idée d’absolu. Elle aussi comporte deux variantes (1), homologues de celles que jé viens d'exposer. Au premier sens, est dit absolu ce qui peut être appelé tel ou tel, qualifié de telle ou telle manière, sans restriction ni réserve : bref, ce qui est purement et pleinement, ce qui est en perfection, ceci ou cela. Une connaissance absolue, c'est donc une connaissance qui mérite inconditionnellement le nom de connaissance ; une connaissance à laquelle ne manque, füt-ce en minime partie, aucun de ses caractères propres, à laquelle ne se mélange aucune impureté ; uné connaissance, enfin, où ne subsiste rien d’obscur ni de confus, où rien ne fait défaut sous le rapport de l'exactitude ou de la richesse. Et de même une réalité absolue, c'est une réalité qui n'est pas telle seulement par comparaison, à un certain degré, qui ne dépend en nulle manière de nos procédés toujours contingents d'étude ou de représentation.
Mais il y a, de nouveau ici, un second sens du mot « absolu ». 11 désigne alors l’objet de pensée tel qu'il est en soi, par opposition à ce que l’idée que nous nous en faisons peut avoir d'indirect ou de subjectif. Un absolu, c’est donc un être que l'on considère selon sa spécificité originale et irréductible, indépendamment de toute référence à un point de vue ou à des repères ; et par suite une connaissance d'absolu, c'est une connaissance obtenue du dedans et non d’un observatoire extérieur,
(1) Une troisième formule, parfois proposée, veut nous faire entendre sous le nom d’absolu un je ne sais quoi qui serait délié de toute relation et dès lors incoordonnable. Je la laisse de côté parce qu’en tout cas elle ne conviendrait qu’à Dieu, que d’ailleurs elle est alors très inexacte, et qu’elle me semble donc sans possibilité d'emploi positif quelconque.
il 15
seulement, écrit quelque part H. Poincaré (1), la science ne de
ce possible ? Voilà la question.
Le savoir humain, dit-on volontiers de nos jours, a devant la réalité profonde : inconnue inaccessible, placée à tout jamais hors de nos prises. Là-dessus il n’y a point à écouter une philosophie ne trop ambitieuse, mopess de
noménales, puisque notre constitution intellectuelle nou interdit d'en sortir. Des faits, rien que des faits, liés par de:
solu : que telle soit notre devise ! Et désabusons-nous décidément de toute marche illusoire vers les domaines de l'au-delà, régions de rêve où nous sommes impuissants à entrer. « Non . Fe
peut nous faire connaître la nature des choses ; mais rien n’es capable de nous la faire connaître ; et, si quelque dieu la co
(1) La valewr de la seience, p. 266-267,
seulement nous ne pics deviner la réponse ; mais, Sion nous la donnait, nous n’y pourrions rien comprendre ; je me
ne même si nous comprenons bien la question. » Poinne fait ici que traduire l'opinion presque unanime des ants. Cette opinion est aussi, d’ailleurs, celle de nombreux
en commun, tant be de la science nous ont bitués à ne tenir pour certains que des rapports entre phénoènes. Je crois pourtant qu’au fond de cette croyance il y a surtout un malentendu. Pour bien juger de ce qu'il en est, commençons par nous remettre en mémoire les principaux arguments sur lesquels repose la doctrine précédente. J'en rappellerai trois, d’un mot chacun : | 19 Aucune chose, dit-on d’abord, n'est connue et ne peut e jamais qu'en contraste, corrélation ou négation d’une e chose. Rien de plus certain, ni de plus facile à mettre en umière d'évidence : deux remarques de fait y suffiront. — Un
cevoir votre « rouge » ni votre « bleu » ; je sais, par contre, e ces mots désignent deux classes de sensations Le n'affec-
de mémeté et date Ces deux notions se nient se ment : chacune d'elles est définie comme la négation de l’au
bien être entendus que cotrélatitemént. À travers des relati
et on se convaincra sans peine qu'ilen va toujours se 7
est compris, au moins à | étrélue dre pme 1x4 sus la critique des sciences. Dans une théorie quelconque, i faut distinguer les rapports qu'elle manifeste entre les chose cet les images qu’elle utilise à titre de supports symbolique On s'accorde aujourd'hui généralement à reconnaître
Ja image est toujours contingente, plus ou moins caduque, Susceptible d’être AQU bref irréelle, Mais le TSH serait solide, objectif ; il s’imposerait comme un invariant À travers toutés les substitutions d'images, les mêmés rapports pou int être symbolisés par des ensembles d’imagés très divers. Avec une théorié, nous sérions, pour ainsi dire, en présence d’un jte articulé où les liaisons seules sont connaissables |
En DR RD RE SD DR DRE DDR D DD RS ED DR SRE RE RER RTS DEEE DER E RSS RARE
comportent la qualification de vraies ou de fausses, Là serait la « vraie valeur » de cette sorte d’indéterminée qu'est la science théorique, là et là seulement ce qui constitue en elle un objet de savoir proprement dit, Je n’insisterai pas ici davantage sur un tel point, dont j'ai parlé plus complètement ailleurs, non plus que sur la substance intelligible des faits eux-mêmes, laquelle, — nous le savons déjà, — se résout, elle aussi, en rapports. Mais j'ajouterai que la philosophie, à son tour, se trouve en situation analogue : une thèse, un principe même, quand on les envisage sous l'angle d’un morcelage discursif, y supposent toujours des conditions préalables et n'ont sens défini ou vérité certaine que relativement à ces conditions.
39 Parmi les hypothèses déterminantes, partout nécessaires et partout génératrices de relativité, il en est une dont force est bien d’avouer, semble-t-il, qu'elle précède et commande uniformément tout savoir. Kant y a pris le motif de son argument principal, qui milite en faveur non plus seulement de la première, cette fois, mais aussi de la seconde forme du relativisme. Une connaissance quelconque, observe-t-il, est toujours noire connaissance, une connaissance humaine : nous y intervenons comme facteur inéluctable. Or, ce « nous » qui joue un tel rôle, c’est essentiellement et primordialement une sensibilité. Selon Kant, nous ne sommes pas capables d’intuition intellectuelle ; de son point de vue, il n’y a d’intuition, pour l’homme, que sensible (1). Notre histoire, de fait, commence par ce que Maine de Biran appelait une phase d’affectivité pure : le moi se constitue comme sujet pensant par un travail qui l'as
(1) Ge point a été discuté dans le premier volume, p. 172-176.
socie à des affections diffuses et anonymes, antérieures à son. éclosion. Cette sensibilité initiale et radicale, unique révélatrice d'existence réelle, n’habille-t-elle pas toute perception ou conception ultérieure, incurablement, du voile de subjectivité que
__tissent les formes d'espace et de temps qui lui sont inhérentes,
nous fermant ainsi sans retour l'accès de l’ «en soi » ?
Tels sont, en substance, les arguments d’où l’on veut dé-
duire une affirmation de relativité universelle. Je dirai d’abord pourquoi leurs conclusions ne paraissent pas décisives, malgré . les faits incontestables qu'ils invoquent. Il s’agira surtout de bien voir que, par eux, le problème se trouve, somme toute, assez mal posé.
Commençons par jeter un coup d'œil sur l'idée de « chose en soi », que sous-entend la relativité du premier genre, celle qu'on affirme quand on dit qu’il est possible de connaître absolument les relations, mais non de rien connaître du dedans,
rien d’absolu. Cette idée de « chose en soi » est requise pour .
que la thèse en question prenne un sens, pour qu'elle puisse être simplement énoncée, formulée, fût-ce à titre problématique : on y suppose en effet la « chose en soi » impénétrable sans doute, mais existante et susceptible d’être pensée comme
telle. Or, laissons provisoirement de côté le point de savoir si
et comment, ou plutôt peut-être en quelle mesure, nous sommes capables d'entrer à l’intérieur d’une conscience qui n’est. pas la nôtre (1). Le moment viendra de conclure là-dessus. | L'art, selon toute vraisemblance, apporte en pareille affaire des possibilités, des ressources, des moyens, dont il y aurait lieu
(1) À condition, bien entendu, que cette conscience y consente, car elle peut se fermer, quitte ainsi à se diminuer elle-même d'autant,
problème de la spéculation métaphysique ; et ce que l’art
vertu de communion intuitive. Mais, De bornons-
matière. Aussi bien est-ce à eux qu'on pense le plus souvent : cd ‘autant qu'ils paraissent particulièrement favorables aux thèses e relativité. Eh bien ! Que peut signifier alors cette expression : connaître une chose telle qu'elle est en soi? Je ne déouvre que deux réponses, na inacceptables. Selon ja
nN
s'agirait de connaître la chose comme on suppose que la conaît l'intelligence divine. Est-il besoin d'insister sur l’impuis-
rieuse ? De quelque manière qu'aujourd'hui on pose et on résolve le problème de Dieu, nul ne prétendra chercher dans ’insondable mystère de la Pensée transcendante, si difficile à concevoir, un terme de comparaison pour définir ce qui deieure et, accessible ou non, doit demeurer un idéal de l’ordre
ouée de conscience ? Mais, si par hypothèse elle est « chose », devient contradictoire de la feindre « conscience ». D'ailleurs, cela même ne suffirait pas, puisque nous pouvons nous demander jusqu’à quelle profondeur la conscience porte en ous. Que reste-t-il dès lors ? Uniquement ceci : connaître une chose en soi, c’est la prendre comme observatoire ou point de vue our ‘ee et comprendre | ensemble de l'univers. Quel
à tenir compte parce qu'une transposition en est applicable
CM . . à n achève pas, la sympathie, l'amour permettent, semble-t-il, de le parfaire, dont on ne saurait nier la puissance divinatrice, la
us aux problèmes qui se rapportent à la connaissance de la
remière, qui n'a plus pour nous qu’une valeur historique, il
. sance d'une telle hypothèse à procurer une base de discussion
humain, Connaître une chose en soi voudra-t-il donc signifier la connaître telle qu'elle s’apparaîtrait à elle-même si elle était
RSR PPS PP RP LS SPP PP PS SPRL PL ST PR PTT
ne
chose puisse être absolument connue en tant que centre de relations : est-elle plus que cela, plus qu'un foyer de convergence dans l’ordre universel ? À semblable question, réponse a été fournie d'avance par deux discussions auxquelles j'ai déjà renvoyé plusieurs fois (1) : celle du morcelage et celle du changement. La réalité absolue d’un objet matériel, ce n'est rien d'autre que l'intégralité des relations qu'il soutient, l'entrecroisement et le nœud d’un certain système de rapports. Quand on observe d’un peu près la contexture et la genèse des théories scientifiques, on aperçoit bien vite que les images servant de supports n’y sont jamais que symboles d’une limite où s'arrête provisoirement l'analyse des relations. Pousset-on plus loin celle-ci ? Les images, à leur tour, se résolvent en groupes de nouveaux rapports soutenus par des images nouvélles où âussitôt le même caractère se retrouve ; et ainsi sans fin : pas de résidu irréductible intrinsèquement. Îl est donc vrai qu'une chose ne peut être connue en soi. Mais ce n'est pas qu'il faille y voir une réalité inaccessible : c'est tout simplement qu'elle n'existe pas en réalité (au sens absolu du mot), qu’elle ne possède pas d'en soi. Au fond, et dès que la critique apprend à dissiper les effets de mirage discursif, toute chose ne représente rien de plus qu’une frontière où momentanément nous nous arrêtons dans la recherche. Peut-être estimera-t-on impossible de penser finalement des rapports sans supports ? Oui, tant que l'on subordonne la pensée à l’imagination d'un morcelage immobilisateur : l'analyse ne peut jamais être close alors, jamais épuiser sa tâche ; mais la voie idéaliste n'est pas obstruée par le même obstacle, parce que l’idée s'y
(1) Voir les notes 1 et 2 à la page 118 du premier volume.
uit en ame an de no 1 faut, en at a as r une guerre sans merci aux thèses de relativité qui sousndent l’idole réaliste de la « chose en soi » : non seulent elles sont fausses, mais à leur sujet l'énoncé même de la question n'a aucun sens. | k La seconde manière d’entendre les thèses de relativité, celle pui s'inspire du kantisme. est un peu plus spécieuse, Nous | al ons voir cependant qu'elle conclut trop vite et, en fait, pose problème plutôt qu'elle ne le résout, En quoi consistelle ? Pour Kant (1), le point de départ de toute critique est le fait même de la science. Il n’y a pas à se demander si la science est possible, puisqu'elle existe et qu’elle réussit. La eule question légitime porte sur le comment du succès, sur ce il implique et suppose. Déjà ce point de départ prête à ontestation : car il revient en somme à disposer d’avance noncé du problème d'une façon qui peut-être prédétermine ertaine réponse à l'exclusion de toute autre. En effet, de ce joint de vue, la connaissance est regardée comme réalisant un
(x) Dans ce qui suit, j'envisage moins le kantisme orthodoxe en toute : complexité que l'interprétation commune qui l’a vulgarisé sous des traits un peu grossis. — Chez Kant lui-même, l’entendement est la faculté qui " jrdonne le divers pour le rendre pensable ; la sensibilité, celle qui donne divers à l’état d’éparpillement. L'un et l'autre apportent leurs formes pres : celle-ci l’espace et le temps, celui-là l'exigence rationnelle d’ unité 4 il explicite en catégories et en principes, L'ensemble des deux constitue sujet. Quant à l’objet, il ne devient tel en exacte rigueur qu'une fois rendu représentable : par un acte du sujet, Mais cet acte — transcendantal précède l’expérience positive et suppose un « noumène », — ei, He Ds sommairement, j'appelle objet la matière de la connaissance en tant que née au sujet connaissant, quel que soit le stade où l'on prenne l’œuvre
Fran.
accord du sujet et de l’objet, eux-mêmes considérés-en tant S 1 que puissances qui ont chacune sa nature propre bien définie et viennent à la rencontre l'une de l’autre avec leurs caractères désormais immuables. Dans une telle perspective, le faitest la mesure du pouvoir, le produit naturel et spontané une adéquate révélation de l’activité productrice. « On est réduit alors, 4 dit M. Bergson (1), à prendre les cadres généraux de l'enten- 4 dement pour je ne sais quoi d'absolu, d’irréductible et. d'inexplicable. L’entendement serait tombé du ciel avec sa forme, comme nous naissons chacun avec notre visage. On définit cette forme, sans doute ; mais c’est tout ce qu’on peutfaire, etiln' ya pas à chercher pourquoi elle est ce qu'elle est plutôt que tout autre chose. » Tel est le postulat qui, dans la perspective du relativisme kantien, domine toute la critique de la science ; etil domine aussi la critique de la connaissance commune, de la perception sensible, qui n'est, à vrai dire, qu'un commencement de science. Or, de ce principe, résultent plusieurs conséquences graves, dont la portée va nous apparaître tout de suite, sans qu'il soit même besoin pour cela de pousser à fond l’examen. Je me contenterai de quelques remarques fort simples (2). ;
L'accord du sujet et de l’objet dans la science, étant le premier point de départ pour la réflexion critique, se trouve de ce chef posé à titre de fait sans précédents, donc indubitable et indiscutable, lui au moins comme une sorte d’absolu sans degrés ni nuances. Aucune question là-dessus chez Kant.
(1) Évolution créatrice, p 164-165.
(2) Dans ce qui suit, je reprends çà et là, telles quelles, diverses formules que donnait déjà mon petit livre Une philosophie nouvelle, p. 189-191.
L accord est tenu pour virtuellement parfait d'avance; et rien n’en varie, modalité ni valeur, quand on passe d’une région à
l'autre du savoir positif. Peut-être cependant cet accord est-il
en réalité moins simple qu'on ne le suppose, plus mélangé de symbolisme et d'artifice, plus laborieusement établi et avec plus de contingence, plus de variations. C’est, remarquez-le, ce que tendrait à faire admettre l’implication indissoluble que nous avons reconnue entre le moment d'interprétation théorique et le moment de pure perception dans la démarche expérimentale.
Chez Kant, la raison apparaît comme une donnée première posée à titre de simple fait, comme un sysième clos, une essence intemporelle, définissable sans nulle considération de . durée, d'évolution, d'histoire, dont toute genèse et tout progrès sont absurdes. Et alors, en vain soutient-il qu’elle est primordialement un acte : la méthode qu'il suit le force du moins à ne considérer cet acte qu'une fois accompli, une fois exprimé et figé en résultats. L’inévitable conséquence est d’enfermer le philosophe dans un relativisme sans issue. Mais la conséquence ne vaut que ce que vaut lui-même le postulat initial.
Or, un tel système ne peut être vrai que d’une vérité partielle et provisoire : c'est au plus un moment de vérité. Kant n’étudie visiblement que la raison adulte, son état présent, un
plan de pensée, une coupe transversale du devenir. Pour lui, les
hommes sans doute progressent en raison : mais la raison elle-même ne dure pas. C’est le lieu immobile, c'est l’atmosphère d’éternité morte où se déploie toute action de l'esprit. Cependant, je répète que telle ne saurait être la vérité définitive et complète. N'est-ce pas un fait, le plus incontestable des faits, que l'intelligence humaine s’est constituée lentement et par
Les
étapes au cours de l’évolution biologique ? Pour la connaître,
il ne s’agit donc pas tant de la démêler statiquement de
ses œuvres que de la replacer génétiquement dans son
histoire (1). :
La cause de cette première lacune chez Kant, sans doute
= convient-il de la voir dans l’idée qu'il se fait d’une science trop uniforme. Cette science, il l’imagine étalée sur un seul plan, toujours semblablement compétente, capable d’étreindre n'importe quel objet avec la même force et de l’insérer dans la trame .
d’un même enchaînement ininterrompu. Il ne semble pas concevoir qu'il y ait plusieurs plans d'expérience inégalement
profonds, où les lois de la pensée ne fonctionnent peut-être pas
sous un unique mode. En particulier, il ne fait aucune différence essentielle entre l'expérience discursive que pratique le savant dans son laboratoire ou l’homme du commun avec ses
sens exercés, et l'expérience de vie d’où est issue l’organisation
même des sens et du discours. Jusque dans l'ordre proprement scientifique, d’ailleurs, Kant s’en tient trop exclusivement à un seul type de savoir; il érige en forme canonique la physique
newtonienne ; et il détermine les lois de la connaissance d’après cette hypothèse implicite : ce qui le conduit à ne faire que la.
théorie d'une certaine forme de la raison. Or, tout à l'inverse, la science est multiforme. Dans la physique même, l'idéal newtonien ne représente qu'un type de méthode parmi d’autres.
Et la physique n’a aucun droit de monopole Peut-être la.
tâche critique de la philosophie doit-elle surtout consister
. désormais en un effort pour comprendre les sciences diverses à
(x) C’est le problème de la raison humaine qui est ici posé, non le problème de la Raison en soi, lequel n’est autre que le problème de Dieu.
a AT dr SR D us EEE LA Se US SENS Ron ES LE Aa
V'UGPrR EE
le disciplines spécifituément distinctes, en ameu celles ie 4 s’attaquént aux moments successifs de la vie : biologie, one ne, sociologie ; pus en un effort box ji À pie se
4 in En tout cas, ces es ne sauraient êlre .
rises aujourd'hui comme seules dignes de jouer un rôle infor-
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nant et Rnb UE Or, c est une cr de ce Rio ue 5
Ps D dire de la facon dont Kant pose le Fan de l'éxpérience ? Rappelez-v -vouS sès propres Ft
ne donnée première et irréductible ? Lorsqu'on scrute les
ie du savoir, il ie de ne supposer radicalement
P 1 possible d'analyser cetté réfraction, de déecutrite en quoi e AA comment elle est opérée ? C'est dire que le dessein
principal de la recherche critique ne doit pas être seulement de
démontrer que la connaissance est relative, mais encore et surtout de définir le genre et le motif de cette relativité, de la …
mesurer, de la qualifier, d'en déterminer les causes et par là
peut-être de découvrir une issue pour y échapper. De tout cela, d’ailleurs, je ne retiendrai pour le moment qu'une
conclusion : le problème qui concerne la relativité de la con-
naissance humaine appelle de nouveaux efforts, l'étude en est presque entièrement à reprendre. Ainsi vont s'orienter en effet nos recherches. Nous nous placerons d’abord dans la perspec-
tive définie par le premier sens du mot « relativité » ; et nous. penserons surtout, en premier lieu, à ce que peut être une.
science absolue des choses, des êtres, étant admis provisoirement qu'une telle science est possible à propos des relations.
Défions-nous de toute formule qui n'aurait de sens (ou ne
semblerait en avoir) que par une hypothèse d’ontologie réaliste. On ne peut parler d’éléments accessibles ou non qu'après définition d’une méthode d'accès et par rapport à elle. Telle chose, qui a fonctionné d’abord comme phénomène étudiable, peut donc en venir par un changement du point de vue ou de la démarche opératoire à fonctionner ensuite comme fond et support situés hors de nos atteintes, ou réciproquement. Le choix d’une attitude intellectuelle pour envisager le donné force toujours à rejeter provisoirement quelque chose dans les ténèbres extérieures de l’inconnaissable : noumène réductible d’ailleurs, qui se résout quand la pensée s'oriente autrement, parce qu'il ne représente que la limite relative et momentanée
SONN. S ANCE ET RÉALITÉ ABSOLUES Mot.
si la dualité sensible par rapport aux procédés ie l'analyse Por nathématique ; ainsi le conscient par rapport à ceux du labo-
… ratoire. Quant à ce qui échapperait à toute méthode concevable, | | ce serait un pur néant, dont il ne serait même pas légitime de. Ft poser hypothétiquement la simple existence (1). En définitive, sh e réel, à tous les degrés, doit être défini en termes empruntés à l’histoire de la connaissance ; un jugement de réalité, jugement d'existence ou jugement de qualification, doit toujours être interprété comme exprimant un certain caractère d'un certain mouvement de pensée (2).
Voici alors un ensemble quelconque de représentations et jugements. Tournez-vous en adversaire contre lüi. Attaez-le de toutes les manières; essayez tous les réaciifs de esprit; faites jouer toutes les méthodes d'analyse et de décom-
4 et par certains systèmes. Le résidu de |’ He ce qui reste au fond du creuset, c’est le réel : irréductible à toute cripre pee à toute dissolution, toujours PESsene et toujours
() Le mot « existence » lui-même n’aurait alors aucun sens. (2) Sur ce principe, qui traduit « l'exigence idéaliste », voir : Le pro- + Une de Dieu, p. 251-260.
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