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source d'un tel jugement ? Bref, on accorde volontiers à l’antithèse du sujet et de l’objet une valeur souveraine. Faut-il admettre qu’en effet toute conscience l’implique, toute connaissance la suppose ? et devons-nous renoncer à sortir Jamais de la prison où elle nous enferme, à rompre les liens de relativité dont elle enveloppe notre savoir ? Tels sont les problèmes que nous allons maintenant aborder.
C’est au plus profond de la conscience, par un effort pour convertir la pensée en acte vif de perception opératoire, que nous cherchons l’immédiat, l’absolu du réel et de la connaissance. Une telle méthode n'implique-t-elle pas la prétention de définir toute réalité d'après le modèle que nous offre la réalité intérieure ? N’est-elle pas ainsi entachée d’un anthropo-. morphisme abusif En un mot, n'entraîne-t-elle pas fatalement l'erreur d’attitude à laquelle on a donné le nom de psychologisme ? Voilà une première objection, très naturelle, qu'il nous faut tout d’abord écarter brièvement.
La critique du morcelage, rappelée tout à l'heure, en apporte aussitôt le moyen. Car elle nous apprend qu’au fond le réel est un continu, d’un seul tenant et d’un seul jet : tout tient à tout, chaque pièce est en quelque sorte intérieure à chaque pièce par une manière de circumincession. Si donc, à partir d’un point quelconque de l'être, fût-ce d’un aspect fragmentaire comme nous en livre le sens commun, l'esprit parvenait à poursuivre sans fin un mouvement de pénétration perceptive, quand bien même la porte d’entrée ne serait qu’un élément infinitésimal, de proche en proche la connaissance obtenue