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et seulement alors, apparaît la contradiction. Il ne faut pas oublier que cette contradiction est partiellement artificielle, verbale, relative au jeu des formules dont elle marque l’imper- | fection et les limites. Dans la réalité elle-même, il n’y avait 4 qu’une contrariété de mouvements, un conflit de vagues opposées, une dissonance en voie de perpétuelle résolution, non une antinomie véritable, En d’autres termes, bien des contradictions cs sont factices et ne tiennent qu'aux insuffisances du corps dis- | cursif : contradiction de concepts, que dénoue un retour à la vie. De là vient justement que l'on peut et l'on doit se désintéresser de telles contradictions, au moins à l'heure de la recherche. Mais cela ne va point sans difficultés ni sans répugnances, parce que nous sommes habitués à vivre à la surface de oi nous-mêmes, dans la dispersion statique du discours. Ilest donc à la fois légitime et utile de rappeler à l'inventeur qu'il
n’a pas à s'inquiéter de contradictions qui sont vraiment sans
portée profonde.
Ces contradictions, sans doute, ne se réduisent pas toujours à de simples apparences ; elles sont parfois effectives et irréductibles tant que l'on reste sur le plan du discours, tant que He l'on ne rompt pas le réseau des représentations coutumières ét ; des habitudes logiques mécanisées. Mais quelque chose néanmoins relie secrètement les deux pôles de l’antinomie ; ces pôles sont les extrémités de deux branches divergentes que nourrissent les mêmes racines cachées ; le passage à la pensée vivante rétablit un accord que l’on ne savait plus voir ; et l’action concilie ce que la parole opposait. En définitive, l'inventeur doit quitter la surface discursive de l'esprit pour ses profondeurs supra-logiques. « Au delà de la logique » : telle doit être sa devise. La logique réelle et vécue qu'il pratique mériterait
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plutôt d’être appelée une Métalogique. Et la nécessité même où 1l est de renoncer au discours se traduit dans le discours par cette loi singulière et quelque peu choquante au premier abord
. demeure absurde que pour qui s’obstine à garder en face de la pensée créatrice et de ses démarches intuitives une attitude purement conceptualisante.
Concluons d'un mot. L'intellectualisme, entendu comme consentement au primat du discours, est le péché originel de la pensée. Il consiste en choix de moindre effort, en abandon de Fesprit au penchant d'égoïsme et d'orgueil qui le porte à se . complaire exclusivement, à s’enfermer dans sa nature actuelle, Ha se refuser aux transformations renouvelantes et libératrices, 2 . à vouloir l’autonomie par le rejet de ce qui dépasse l’état pré- sent de ses puissances, à tenir ainsi un moment du progrès pour le terme ultime où sa destinée s'arrêtera. C’est à se guérir de ce mal que l'inventeur doit s'attacher en premier lieu. Non pas, sans doute, qu'il soit question d'exiger dans la pratique une
à l'heure de l'intuition, ne saurait s’en abstenir absolument. Mais il doit penser à travers eux plutôt qu'y faire d'explicites pauses ; il doit y chercher une source d’élan plutôt qu'une représentation d’acquis. Cela est d’autant plus nécessaire que souvent l'invention réclame non pas simple arrangement de concepts qui lui préexistent, mais création véritable de con- | cépts nouveaux, Ces nouveaux concepts, comment parvenir à les penser, quand ils ne sont pas définis encore, pendant qu'on les forme ? La vieille logique usuelle, avec ses instruments or- dinaires, ne suffit plus. Il faut, pour la suppléer, une logique : de la pensée vivante, c'est-à-dire une discipline du schéma
que l'invention s'opère au sein du contradictoire. Mais cela ne
renonciation totale aux concepts. L'inventeur lui-même, fût-ce
le À
a rectiligne contenait un nombre déterminés de points ; ce no mesurait la longueur du segment ; le rapport de deux &
prenant respectivement pour numérateur et PA nombres entiers correspondant aux deux segments ; et l’
chose comme un scandale logique. Une absurdité s imp Une contradiction inévitable venait torturer le géomètre de la rigueur. Et c’est peut-être cette situation trouble u provoqué la dialectique bien connue des Eléates. Il a fallu 1 temps pour sortir de l'impasse. Le discours, par sa structr
même, conduisait à l’antinomie, sans échappatoire possi
ainsi à une conception nouvelle, it pour auparavant : celle de la droite envisagée comme » réservoi
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