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tion qu’opèrent notre mémoire et notre entendement : symbolisation à plusieurs degrés, depuis la moyenne sensible formée par neutralisation réciproque de nuances brouillées ensemble jusqu'au schème abstrait du discours conceptuel. Chaque percept s’entoure d’une atmosphère de souvenirs peu à peu schématisés où se résorbe graduellement le germe de perception pure, la reconnaissance d’un objet n'étant plus à la fin que lecture de quelques étiquettes générales collées sur lui. C'est le triple souci du geste pratique, du langage facile, de la collaboration sociale, qui joue ici le rôle prépondérant. Mais la science ne s’y tient pas et tend à faire prévaloir celui de l’unité intelligible. Dans ce dessein, amorcé d’ailleurs dès le niveau initial de l’empirisme, elle utilise des formes diverses, catégories et principes, qui représentent les conditions sous lesquelles se constituent des faits, d’abord donnés, puis compris. Alors surgit une difficulté nouvelle, dont voici indiquée en deux mots la nature {r). Notre connaissance, — acceptât-elle de se borner à l'examen des seuls phénomènes, — demeure soumise à des conditions différentes suivant l'échelle des objets qu’elle envisage ; et ainsi elle se fragmente en sections dont le raccord soulève d’étranges problèmes. Il y a, en effet, des couches de réalité multiples, hétérogènes pour nous parce qu'elles ne sont pas du même ordre de grandeur et que l’étude en exige donc recours à des méthodes profondément diverses. Par exemple, et sans même parler du monde moral, ne faut-il pas distinguer sous ce rapport, aux deux frontières de la physique tournée vers la zone moyenne seule en proportion avec les gestes humains,
(1) Of. J. Permis, Les Éléments de la Physique, Albin Michel, 1929, pré-
face. — Je lui emprunte plusieurs des exemples qui suivent.