RAT
Une correspondance, dirons-nous, s'établit entre l’espace géométrique et l’espace imaginable, celui-ci réalisant celui-là, l'introduisant au sein du perçu, le premier venant se poser sur Je second, l’adoptant comme symbole et ainsi linformant, achevant de le déterminer. En droit, ce travail pourrait être conduit de mille façons ; en fait, il l’a été de manière à traduire les lois de nos gestes ; et le résultat en est l'espace commun: lieu par excellence des rencontres opératoires où s'affrontent la donnée de perception et l'exigence de pensée, véhicule de rationalité au sein de l'expérience. Voilà l’espace proprement dit, seul susceptible d’être ensuite source de relativité pour la connaissance humaine,
En est-il effectivement ainsi ? La critique moderne pois qu'au moins l'effet n'est pas nécessaire, inévitable ; et elle donne cette réponse en deux temps. Plaçons-nous d’abord au point de vue de la science positive. La notion d’espace fut élaborée à propos des phénomènes qui sont à notre échelle : pourquoi le savant serait-il contraint d'en maintenir l'usage sur les autrés segments de l'expérience ? Déjà la Physique de la Relativité a fait voir que le cadre commun doit être profondément remanié lorsqu'il s'agit de l'immense, et que ce remaniement est en notre pouvoir. Tout de même, l’Atomistique récente paraît démontrer que le cadre spatiotemporel ordinaire cesse également d’être utilisable aux derniers confins de la matière, « pour décrire l'ordonnance intime de choses dont cela peut garder un sens de dire qu’elles sont de moins en moins complexes, de moins en moins riches en possibilités, mais non pas de dire qu'elles sont de plus en plus petites » (1) ;
(x) J. Penni, Les Éléments de la Physique, p. 17 (\lbin Michel, 1929).
ARR mn amren