‹ La pensée intuitive ... (v. 2)Chapitre 54 sur 65 · RAD · texte numérisé non relu

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et là aussi l'effort de refonte s’avère possible. Passons maintenant au point de vue propre de la Philosophie. Son témoignage ne saurait être omis : car il reste à se demander si l’on ne peut et doit définir une forme de spatialité résiduelle, presque amorphe sans doute, mais dont le rôle serait premier, parce qu'elle appartiendrait au fond primaire de l'esprit humain, étant inhérente au moindre usage de l’abstraction. À cette question, d’ailleurs, la réponse est aisée, sans qu'il soit même besoin d’une discussion approfondie. En effet, le résidu de forme spatiale ne s'imposerait au plus qu'à titre de moyen pratiquement nécessaire pour les opérations du discours ; et ce livre entier, en exposant la discipline de l'intuition, a montré, je l'espère, que la pensée immédiate échappe à de telles servitudes.

Il est possible après cela et il est temps de conclure. La réalité absolue, ce n'est rien d’autre que l’ensemble des images ou opérations immédiates et l’ordre intelligible qu'il enveloppe. Que l'on perçoive intégralement chacun d’eux, et on aura du réel une connaissance absolument vraie. Or le sens commun, laissé à lui-même, ne connaît que certaines opérations et certaines images, que certains rythmes de contraction qualifiante : l'expérience proprement scientifique est nécessaire pour le compléter, D'autre part, la perception sensible ne saisit entre les images qu'un ordre de surface, un jeu d’appa-

= rences relatives à nos gestes, à nos habitudes pratiques d'action et de discours. Cette ébauche d'ordre, que résume l’espace, … la science expérimentale, par ses moyens opératoires nouveaux, la précise et l’approfondit ; puis la critique achève la science en l'expliquant à son tour, la parfait et l’épure en la détachant du souci d'utilité. De là un double rôle de la per-

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