‹ La pensée intuitive ... (v. 2)Chapitre 56 sur 65 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Le dessein majeur du présent ouvrage était de répondre aux questions suivantes : qu'est-ce que l'intuition ? en quoi consiste et comment doit être conduite la pensée intuitive ? que vaut enfin cette attitude où démarche de l'esprit et de quels résultats est-elle capable? Tout cela, on se le demande aujourd’hui un peu partout, non sans quelque confusion parfois, il faut l’a- Vouer, ou mème d assez grosses méprisés. Les avis diffèrent beaucoup, parmi les philosophes, au sujet de l'appréciation à porter sur l’acte de retour vers l'immédiat. I s'agissait de tirer au clair, autant que possible, ces problèmes.

En vue d'y réussir, où fallait-il regarder de préférence ? L'intuition, au sens le plus large, enveloppe toute la vie de la pensée ; elle est à la fois aux origines et au sommet, en decà et au delà du discours, qui la requiert pour se constituer et pour s'achever ; bien plus, elle traverse lé discours et l’anime, elle est — au double sens du mot — transdiscursive ; et, sans elle, aucun système de concepts ne serait intelligible. Voilà un point admis par tout le monde. Mais, cela reconnu, si l'on veut parvenir à une entière précision de jugément, la nécessité s'impose de distinguer entre l'intuition primordiale où préintuition, encore plus ou moins confuse, et l'intuition consommée, qui est essentiellement pensée redevenue simple après la dispersion d'analyse. C’est ce que j'ai fait, en m'attachant surtout à la forme supérieure. Pourquoi ? Il est facile de le comprendre. Nul ne

La

Page 1