‹ La pensée intuitive ... (v. 2)Chapitre 57 sur 65 · CAS · texte numérisé non relu

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conteste l'intuition en tant que préface ou accompagnement de discours. Mais l'autonomie de l'intuition finale et parfaite éveille nombre de scrupules. Voilà pour quel motif j'ai cru devoir y insister davantage. Aussi bien, ici comme ailleurs, les vrais problèmes ne se posent et la pleine lumière ne se fait que si l’on envisage les cimes.

Dans ces conditions, — et afin de pousser jusqu’au fond l’étude méthodique de la pensée intuitive, — sans méconnaître en quoi que ce soit la réalité ni l'intérêt de ses formes inférieures, il était naturel de prendre pour objet principal de l'examen la discipline de l'invention. Celle-ci même, où convenait-il de l'observer surtout? Lorsqu'on parle de l'invention, assurément ne doit-on pas oublier qu’elle se retrouve à tous les niveaux de la pensée, à tous les moments de la vie psychologique. Le moindre état de conscience du moindre d’entre nous, par cela seul qu'il devient personnel et, de ce chef, incommunicable, est déjà une invention originale en quelque mesure. Il y a donc mille degrés. Toutefois ce sont les cas majeurs qui instruisent le mieux. Rien de surprenant dès lors, ni de paradoxal, si j'ai mené la recherche en prenant comme thème de choix, presque uniquement, les plus hautes formes de l'invention dans la science ou la philosophie.

À l'enquête ainsi orientée, une doctrine métaphysique a été, d’ailleurs, constamment sous-jacente : un certain Idéalisme, constituant ce qu'on pourrait appeler une philosophie de l’invention. Sans cesse on a dû l’entrevoir aux origines et à l’horizon des recherches. Non qu'elle prétendit commander les constats de la critique ou de la psychologie ; mais elle est suggérée par eux et, d'autre part, leur fournit un cadre de synthèse. Je n'ai pu y faire, en cours de route, que des allusions rapides. Il sera

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